Voyez plusieurs chapitres du tome des Poètes deVAriège
232 I/ARIÈGE, IVe PARTIE (mit* et fin), CHAP. [IL
facilement une légion d'historiens archéologues, d'hommes patients, qui passent des années à fouiller de vieux papiers, à éclairer des dates, à étudier une seule figure, et à en donner une monographie laborieuse. Les biographes archaïques ne manquent pas.
« Il ne manque pas non plus d'hommes spéciaux pour la critique des salons. Les uns sont tout miel, se prosternant, avec les salamalecs d'un grand style, devant les moindres productions du pinceau ou du crayon. D'autres sont tout amertume et ne procèdent que par négations brutales. De cette indifférence laudative, de cette amertume, il restera une besogne de journalisme assez ingrate pour l'avenir.
« Il n'y a pas eu de nos jours un Diderot pour imposer ses idées ou ses paradoxes. Diderot est intéressant par sa liberté de langage, par les détails personnels sur la vie intime des artistes de son temps; et nous sommes d'autant plus certain delà sincérité des détails biographiques, qu'ils n'étaient imprimés ni en France, ni à l'étranger, mais qu'ils servaient de thèmes de conversation à un prince allemand, protecteur de Grimm '. »
Ce que Diderot écrivait confidentiellement, Théophile Silvestre voulut l'écrire publiquement. Après avoir étudié longuement la peinture dans les œuvres anciennes et modernes, ne trouvant pas, dans les manifestations du pinceau, suffisamment éclaircie l'idée qui avait dirigé le peintre, il prit le moyen efficace de connaître les hommes, de sonder leur caractère , de constater leur tempérament ; il ne se contenta pas de conversations isolées, parce que l'homme ne se laisse pas connaître en un jour, mais l'étudia dans tout ce qui peut le révéler, comme ses corres-