‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 177 sur 498 · CARACTERE DE CE POEME · texte numérisé non relu

CARACTERE DE CE POEME

Je connais une alerte et limpide rivière

Qui dans son lit profond, toujours de bonne humeur,

Polit avec amour plus d'une antique pierre,

Et remplit tout le val de sa vive rumeur.

Toi, qui dans ta magie as pris ma vie entière,

Et dont j'aspire encor les salubres parfums,

Élève ton murmure au pied du cimetière,

Songe aux pauvres absents, berce mes chers défunts'.

Le poète est véhément, quand, après les griefs chimériques ou fondés contre la vie sociale, il revient à ses montagnes, et interpelle les rochers qui dressent, à côté de ne s contorsions, leur immobilité.

Du jongleur politique au théocrate louche, A voir tant d'histrions profanes ou sacrés Mentir effrontément, j'ai maudit toute bouche, 0 rocs silencieux, probes et vénérés2!

Il se calme en revenant aux joies simples et rustiques, et demande une portion d'un plat ou gâteau local.

Un peu de ce pain, s'il vous plait !

Comme il est roux! comme il embaume!

Roi, je donnerais mon royaume Pour ce divin milhas au lait3 !

Il se remet à arpenter les bois du pays et le clair-obscur de leurs longs corridors.

Oh ! parmi vos muguets laissez fleurir mes rêves, Bois sacrés! — trempe-les, source, en ton pur cristal; Qu'ils prennent la verdeur enivrante des sèves, Et la divine paix du peuple végétal4 !

D'autres fois, il s'en prend aux agiles isards qui escaladent les rocs et les cimes.

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