M. LAFAGETTE ET ALPH. DAUDET
Ah ! tant que sur les pics ne luira pas l'exemple,
Tant qu'on préférera l'esclavage au trépas,
Aux monts, que vxuis souillez comme l'on souille un temple,
On trouvera du fer, mais des hommes? non pas1.
XX. — Si M. Raoul Lafagette reprend ses travaux de critique, il est sûr que, grâce à son originalité, il ne laissera pas languir ses lecteurs. Il ne juge point le talent par les petits côtés. C'est ainsi que, pour l'auteur des Rois en exil, du Nabab et de Numa Roumestan, le critique de Foix, prenant de suite les grandes lignes, se demande pourquoi cet écrivain a charmé son temps, puisque ses romans sont lus à l'étranger comme en France, et il assigne deux causes à cette grande vogue : 1° l'hellénisme, le don de fusion et d'eurythmie, l'art de peindre son dix-neuvième siècle dans des descriptions où l'on ne trouve rien de heurté, où tout est juste, naturel, bien fondu et bien senti; 2° l'androgynéité, c'est-à-dire cette manière heureuse de concilier la virilité de ses conceptions, de ses caractères, de ses sujets, avec un talent d'un autre côté plein d'élégance, de parure féminine et de recherche, avec tout le bon goût parisien pour vêtir et habiller ses pensées2.
Sans discuter cette idée française que, dans chaque art, il y a un type du goût, lorsque M. Raoul Lafagette reprendra la critique d'art et de littérature, il est probable que, pour se mettre à la portée de tous, il substituera à ses néologismes, à quelques expressions techniques, des mots plus connus de la généralité des lec-