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258 L'ARIÈGE, IVe PARTIE (suite et fin), CHAP. III.
accidentelles, il était cependant impossible à M. Saint-Félix de s'expliquer sur la totalité du drame révolutionnaire, sur la Convention surtout, — puisque Lakanal ne commença de paraître que dans cette assemblée, — sans émettre des propositions qui seront trouvées inévitablement discutables. En toute hypothèse, M. Saint-Félix se montra conférencier habile et entraînant, et força les applaudissements des auditeurs. « Nous avions entendu célébrer, dit l'un d'eux, les mérites de M. Saint-Félix, sa parole chaude, convaincue, abondante. Nous ne savions pas que l'Ariège avait en lui un véritable orateur1. » Il paraît que dans cette conférence de Lavelanet, M. Saint-Félix traça avec une réelle sobriété de jugement, jointe à des élans d'éloquence, le tableau de la France pendant la lutte de la Convention contre la Vendée soulevée, le reste du pays en proie à l'anarchie, et l'irruption à nos frontières des armées de l'Europe coalisée. Nous ignorons si le compte rendu d'un journal, en reproduisant une des phrases du conférencier, l'a donnée avec précision et textuellement. Nous ignorons si c'est Fauteur du compte rendu ou bien l'orateur luimême, qui a dit, en propres termes, que «. ce qu'on a appelé les crimes de 93, fut une nécessité fatale* ». Mais cette maxime en crédit dans une école est loin de passer, auprès de tous les historiens etde tous les politiques, pour un axiome d'une certitude mathématique. La justification de fatalité semble à plu s d'un moraliste trop commode après les faits accomplis, et tout le monde n'est pas convaincu du déterminisme national de 1793, dans un sens absolu, pas plus que du déterminisme individuel, soutenu par des écoles de philosophie de ce siècle.