‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 199 sur 498 · SIMPLE CATALOGUE · texte numérisé non relu

SIMPLE CATALOGUE

dont les lettres furent, pendant un demi-siècle, la chronique de la France, était un moraliste, un pouvoir véritable, une influence.

Maintenant reproduirons-nous une à une et en leur entier les lettres écrites par ou à notre écrivain de Saverdun ? Force nous est de nous borner à dresser un simple catalogue des hommes avec qui Labouïsse-Rochefort correspondait, et de toucher à peine à l'objet de ses missives ; cela suffira à établir les droits incontestables de notre écrivain des Pyrénées, à occuper la place que nous revendiquons pour lui dans la compagnie des nobles intelligences. Voir accourir une quantité prodigieuse d'hommes de talent pour consulter Labouïsse, tous acceptant avec confiance son appréciation, sa censure, cela seul démontre que nous avons affaire à un arbitre du goût, qui exerça une influence sur les diverses notabilités européennes. Que de sociétés savantes, que de cercles littéraires entrèrent en rapport avec lui1 ! On dirait le grand conseiller littéraire, une sorte de baron Taylor du Midi. Par lui les muses du Nord demandent à fraterniser avec celles du Midi2. Et lorsqu'on a dépouillé cette correspondance qui contient, pour ainsi parler, la minute, les procès -verbaux d'entretiens de quarante années accordés dans un cabinet de lettré consultant, on achève de s'édifier, en lisant depuis 1817, sur la porte de ce lettré, cette devise : « J'aime plus les livres que l'argent3 ». Admettrons-nous cependant qu'un homme

ont conservée, et qui est intitulée Vers sur les mots souvenirs et espérance, dont une dame m'avait vante' les douceurs. C'était, sous l'Empire, le reste de la société littéraire antérieure à 1789. (Voyez le discours de M. Jules Simon, à l'Académie, sur Guizot.)

1. Académies de Marseille, de Besançon, Société d'émulation de Cambrai, etc.

2. Voir une lettre de Fidèle Delcroix, secrétaire perpétuel de la Société d'émulation de Cambrai, à M. Labouïsse (22 décembre 1832).

3. Lettre de Labouïsse à Eynieri, 30, rue Mazarine. (Paris, 3 janvier 1817).

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qui, de son vivant, allait devenir une des gloires françaises, soit retombé, on ne sait pourquoi, dans l'oubli et l'obscurité? Cela ne peut pas être.

III. — Citons tous les personnages qui se mirent en rapport avec notre lettré de Saverdun.

Auguste Daguiu , l'un des chefs de l'insurrection royaliste en Ariège et à Toulouse, en 17 99, envoie à L. Rochefort, sous le Consulat, un acrostiche sur Caroline, et en fait le commentaire dans tout le cours de sa lettre.

Le philologue, le philosophe mystique Fabre d'OUvct disserle avec noire Ariégeois sur l'existence d'haute; c'est avant le siècle de cette femme qu'il faut chercher les véritables troubadours. Belle et curieuse lettre littéraire. (Paris 15 floréal an XII).

Les diverses lettres de l'abbé Feletz, de l'Académie française, nous font assister au commerce intellectuel de deux beaux esprits (1804). — Même commerce entre Labouïsse et le baron de Ferussac, célèbre naturaliste.

Le comte François de Nettfchùteau, ancien membre de l'Assemblée constituante, académicien (lettre de 1808); Hyacinthe de Gaston, chevalier de Malte, traducteur de l'Éneide (1807), envoyait à notre Labouïsse des épitres en beaux vers, et madame de Genlis, en prose (1806); — le prince F. Kourakin, ambassadeur de Russie à Paris, professait une estime mêlée d'admiration pour les écrits du littérateur ariégeois (lettre du 27 décembre 1810). Même sympathie du marquis d'Aguilar, lettre écrite en partie en vers (Toulouse, 1809).

Les lettres de Lœillard d'Avrigny, auteur delà tragédie de Jeanne d'Arc à Rouen, adressées de 1800 à 1809 à Labouïsse R., renferment des détails littéraires d'un grand intérêt. — Lettresde Mercier de Compiègne (1800); — de Blin de Sainnwre (l 806); — de Deguerlc ( 1808) ; — du comte général Dejeau, de l'an VIII à 1 8 1 7 , à Labouïsse-Rochcfort, son cousin ; — de François-André Dejvan, évêque d'Asti (1811); — du général Pierre-François Dejean, savant entomologiste, de 1809 à l8i0; — du savant helléniste J. B. Gail, du Collège de France ( I 8 "2 8 ) ; — du général Foy, en 18*25; — d'Alexandie Guiraud, poète (1808 à 1834); — du fabuliste Jauffrel (19 avril 1825); on causait de l'Académie de Marseille, et en 1832, de la collection si riche d'autographes de M. Labouïsse; — du poète Moltcvaut (Paris 1833); — de M. de Malarct (Toulouse 1826); — du savant chimiste Julia de Fontenelle, (Narbonne, 1 825) ; — de madame Lavaysse de la Beautnelle, (Mazères, 24 prairial an VIII); — du conventionnel et poète Henri Larinère (1823-25); — de l'auteur dramatique Antoine Le Bnilly qui entre dans des détails intéressants, à propos d'un manuscrit normand qu'il lui envoie (Paris, 1815); il lui écrit, en 1819, une très belle lettre, où il lui parle de sa santé : il était aux prises «avec la plus incommode des hôtesses, la chienne de goutle,

puisqu'il faut l'appeler par son nom », — du naturaliste Delastre (1809

et 1821); — de François Noël, inspecteur de l'Université (1825); — de l'historien J. Corenlin Roy ou (1813); — du baron Trouvé, ministre près la république cisalpine (1825 à 1828); — de Luc de Villar, évêque constitutionnel de Laval (1825).

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