ÉTONNANTE DIVERSITÉ
veraineté en Allemagne. La chose est contée par Labouïsse avec infiniment d'esprit.
Un jour, désirant changer de résidence (il était à Orthez, en 1813), il écrit à un de ses puissants amis :
Car enfin, s'il faut ne rien taire, Je dois avouer sans mystère Qu'où je suis je me déplais tort.
Pour mes enfants nulle ressource, Il en coûte cher à ma bourse, Et vous allez voir si j'ai tort Quand je ne cesse de me plaindre Des lieux où m'exile mon sort.
En quatre mots je vais les peindre.
Des rochers qui bravent les cieux, D'immenses terrains sans culture, Des jours constamment pluvieux, Une bizarre architecture, Et, pour finir cette peinture, Des bœufs, des ânes, des bichons Et des régiments de cochons!...
Encore si dans la conjoncture Je pouvais me dédommager Avec l'humaine créature!...
Mais, hélas! comment y songer?
Outre que je suis étranger, Voici le pis de l'aventure :
Ne croyez pas que les jambons Soient l'emblème du caractère De l'habitant peu débonnaire.
Il n'est guère ici de gens bons.
Partout la ruse, la finesse, L'avarice, la fausseté...
On reste ébloui de la diversité des correspondances de Labouïsse, de l'activité qu'il déploie en lettres, en démarches, en travaux. Il écrit une lettre, en prose et en vers, sur une peinture de la célèbre madame Vigée- Lebrun, qui avait fait son portrait. Il s'entretient avec Michaud, de la
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I/ARIÈGK, IVe PARTIE (suite et /in), CHAP. IV.
Quotidienne, feuille qui allait reparaître (1814). L'on trouve, en 1818, quatre charmantes lettres échangées avec Aimé Martin, premier rédacteur de la Chambre des députés, sur leurs travaux poétiques respectifs. Tandis que sa correspondance marche dans toutes les directions, il trouve le temps de régler, par lettres, des recherches faites pour lui à Paris, en vue de découvrir des portraits, des autographes de Bayle, des comtes de Foix et de Béarn, d'Éléonoiv de Comminges, de Jeanne d'Àlbret ; et s'inquiète d'un impromptu qu'il adressait dans son jeune âge à son Kiéonore. Ce qui ne le dispense pas d'écrire aux Altesses royales pour diverses entreprises littéraires (lettre du J3 octobre 1823). Le duc de ... lisait Y Anecdotique, revue publiée par M. de Labouïsse. Le publiciste de Saverdun sait aussi adresser à sa femme des épîtres de deux cents vers, comme celle sur quelques Poètes erotiques. — Mais reprenons notre énumération.
La duchesse d'Abutniès écrit à M. Auguste de Labouïsse-Rochefort eu 1825 et en 1838. Il est question des Mémoires de cette daine; elle n'est pour rien dans ceux d'Une Vt-mme de qualité, — Le célèbre médecin baron Alibi rt, auteur de la Phijsioloyie des pussions, correspond souvent avec notre conciloyen — Un littéraieu'-, Amanton, l'entretient de la publication de ses lettres bourguignonnes (Dijon. 18'23). — Une autre charmante correspondante est madame Vicio>ïue Bnbois, poète et romancière ((• août 1824). Elle ne savait pas que sa jemme (de Labouïsse) cultivait aussi avec sn<cès fart si aimable et si difficile de parler en vers. . Ses enfants doivent être des rossiqnols. — Madame Bai/oud, portière, poète et romancière, ne peut contenir le plaisir causé par la lecture des œuvres du poète de Saverdun, et lui écrit (août 1824) :
J'ai lu deux, fois ces vers charmants.
Et je veux les relire encore ; On passe les plus doux instants Avec l'époux d'Kleonore.
Vous qui parlez si bien au cœur, Daignez accepter mon hommage, Et croyez que votre suffrage Sera pour moi le plus flatteur.
Le cardinal de C 1er mont-Tonnerre lui mande, en 1826, qu'il parcourt avec intérêt ses ouvrages, fruit de ses doux loisirs. — L'archevêque de Toulouse, le valeureux, et solide Mgr d'Asiros, correspond et échange des