‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 202 sur 498 · OBJET DE LA CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

OBJET DE LA CORRESPONDANCE

vues avec lui de 1828 à 1833. — Le grand Berryer trouve heureuse l'idée qvt madame Labouïsse a eue de traduire tes satires de Perse en regard des personnes et des mœurs de notre temps... Au milieu de ses travaux parlementaires, Berryer goûtait, en lisant le moraliste ariégeois, « une agréable distraction ». — Lettres de Sophie Maillard de Chambrère (1825); — de la comtesse Dupont (1835); — du comte Daru, ministre, de l'Académie française ; — de Lcpan, auteur d'une Vie de Voltaire, et qui se plaint, en 1829, que cette vie ne se vend pas; — du baron de Stassart, gouverneur de Bruxelles, qui lui envoie quatre vers de la main du prince (Ch. J.) de Ligne, feld-maréchal, renommé par son esprit et ses talents littéraires (1824);— de l'abbé deliavignan, lettre datée de Toulouse (décembre 1838);

— du naturaliste Boudon de Saint-Amans ( 1 8 2 7 ) ; — de madame de Souza, depuis comtesse de Flahaut ; — du comte Villeneuve de Bargemoni (182G) ;

— du baron Walkenaer (1822 à 1842); — de Helena-Maria Williams, poète anglais qui lisait avec délices « ses poésies si gracieuses et si pleines de sensibilité » (Paris 1827); — de l'historien Duvernoy (Montbéliard 18 2GX ; — du colonel marquis de Chesnel (1 823-20). — Le comte de Boissy d'Analas, conventionnel, a laissé plusieurs lettres écrites à Labouïsse sur les affaires du temps. — Mademoiselle Clémentine Cuvier, fille du célèbre Georges Cuvier, était également en correspondance avec l'Aristarque de Saverdun (Paris 1825), ainsi que le magistrat Breghot-du-Lut (Lyon 1827) ;

— le poète Jacques Carbonnell (Perpignan, après 1830). — Le peintre d'histoire François-Xavier Fabre, secrètement marié à la comtesse d'Albany, veuve du prétendant Charles Edouard et d'Altieri, confie ù L. Rochefoi t ses plus intimes sentiments ; il tient à son suffrage et à son approbation ; il lui mande qu'il a donné à la bibliothèque de Saint-Laurent, à Florence, tous les manuscrits d'Alfieri, et tous ses tableaux à sa ville natale. Antoine Grounlle, littérateur, celui-là même qui, en qualité de secrétaire du conseil exécutif provisoire, en présence et sous les ordres de Garât, ministre de la justice, avait lu à Louis XVI sa sentence de mort, écrivait à Labouïsse- Rochefort une aimable lettre sur ses ouvrages littéraires (3 frimaire an XIV).

— Correspondance suivie entre Chateaubriand et L. Rochefort, surtout en 1833 et 1834. L'auteur du Génie du Christianisme lui envoie un exemplaire de ses œuvres dont lui avait parlé Balianchc. Labouïsse-Rochefort entendait l'illustre breton dire comme à M de Fiéville : « Vous savez, monsieur le comte, combien nous sommes bêtes, nous autres royalistes, il n'y a pas moyen de se servir de nous » — Le comte de Peyronnct, l'un des ministres signataires des ordonnances de juillet 1830, écrivait à M. Labouïsse, en 1833 et 1 835, des lettres qui sont datées du fort de Ham. — Le poète breton Salliouz, le chevalier de Sapinaud de Boishuguet, chef d'état-major des gardes nationales de la Sarthe, en 1815, et le comte Philippe de Ségur correspondent avec Labouïsse ; le premier sur le mouvement littéraire de la France, de 1806 à 1825, le second sur les guerres de la Vendée, le troisième sur l'histoire militaire. — Le poète Alexandre Soumet adresse une lettre en vers à M. Labouïsse-Rochefort, à Saverdun. — Le poète Jasmin apporta, lui aussi, ses hommages en deux pages grand in-4 : Faribolo pastonro, canson lirado dcl poemo de Françounetto, à moussu Labouysso de Bochofort... Houmatgé de V auteur Jasmin. Deux autres pages étaient remplies par une lettre de M. Jougados à M. de Labouïsse, en lui envoyant la pièce autographe de Jasmin ; il l'entretient longuement de Jasmin, de son portrait dans la Mosaïque (Agen, 18 41). — Longtemps avant Jasmin, le grand tragédien Talma écrivait aussi au lettré de Saverdun, et se confondait en humilité devant lui. « C'est en vérité trop d'honneur que

2Hj L'ARIÈGE, IVe PARTIE (suite et fin), CHAP. IV.

vous me faites de tne metlre au nombre de ceux dont les lettres méritent d'être conservées... Noua autres, pauvres élrts éphémères, quelle figure pouvons-nous faire dans une collection?.. » — En I8VG, le philosophe polonais, Adam Klewamki , lui écrivait une page de sa très fine et très jolie écriture, lui présentant des réflexions philosophiques sur l'impolitesse qu'il y a à se laisser devancer dans la correspondance, etc., etc. (Toulouse, 20 décembre). — M. de Monmerqvé, de l'Académie des inscriptions, entretient longuement Labouïsse, dans une belle lettre, de madame de Sévigné; il lui parle des lettres inédiles d'elle, qu'il a découvertes dans des collections particulières, archives de famille et dépôts publics (lettre du 21 juin 1 S 1 8, qualre grandes pages). — Une autre correspondance d'un grand intérêt est celle de Lucas de Moiiiiijiiy avec L. Rochelort. Montigny, auteur des Mémoires de Mirabeau, lui écrit le 10 juillet 18 34, à l'occasion de la publication de ces mémoires : « Je conçois, monsieur, l'opinion que vous exprimez avec des ménagements pleins de délicatesse et d'obligeance. C'est précisément pour adoucir, sinon effacer de telles préventions dans des esprits tels que le \ôlre, c'est pour montrer sous son véritable aspect Mirabeau si défiguré jusqu'à présent, que j'ai entrepris mon long travail; je crois avoir prouvé que l'homme privé fut beaucoup plus malheureux que coupable; j'espère prouver que l'homme le plus fort d'une révolution qu'il n'a pas faite et qui se serait faite sans lui, était aussi le partisan le plus convaincu, comme le conseil le plus éclairé et le plus ferme appui du trône qu'il aurait sauvé, s'il avait vécu... »

Y. — En somme, il résulte de cette vaste correspondance, que les contemporains s'accordèrent à reconnaître dans le lettré de Saverdun un écrivain brillant, un homme indépendant , un moraliste grave à certaines heures. On prend conseil de lui sur toutes les questions historiques, littérnires, poétiques, philosophiques, agitées à son époque. Les historiens qui veulent raconter le passé de la ville de Versailles le consultent. Plusieurs auteurs combinent avec lui des projets scientifiques, entre autres celui de rectifier des assertions erronées, de réfuter Yolney, Dulaure, etc. (lettre d'Eckard. Paris, 1834). Le poète de Nancy, Mollevaut, l'universitaire Grancher, le poète languedocien Mestre-Huc, échangent avec Labouïsse des vues et des jugements sur leurs travaux réciproques. Nous avons lu avec un grand charme la correspondance de Labouïsse avec le vicomte de Bonald , celle avec H. de Châteaugiron, consul de France à Nice, qui présente un intérêt majeur, et celle de 1829 avec un illustre publiciste de Tou-

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