‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 204 sur 498 · ANSON ET LABOÙ1SSE · texte numérisé non relu

ANSON ET LABOÙ1SSE

Achille et Det'lamie, femme d'esprit et de grâce, rassemblait chez elle, quand elle venait à Toulouse, une société littéraire , où elle se faisait remarquer par sa conversation brillante et enjouée, on n'ajoute pas maligne, parce que des plaisanteries spirituelles sont plutôt un badin âge que des méchancetés. Cependant un rimeur toulousain se froissa un jour de ce que madame d'Hautpoul avait ri de quelqu'une de ses productions. A ce sujet, M. Monlon fît une fable intitulée la Femme comme il y en a peu, métamorphosée en chienne enragée. Madame d'Hautpoul, répondant par la parodie spirituelle de la même fable, terminait ainsi :

Les auteurs de bons vers sont doux et bienfaisants. Et les méchants rimeurs sont toujours des méchants.

VI. — Pour ce qui concerne la correspondance fort volumineuse avec Pierre-Hubert Anson, il en est de même que pour madame d'Hautpoul : nous n'avons pas les questions de Labouïsse , mais seulement les réponses d'Anson. Toutefois, même avec un seul des deux interlocuteurs, cette correspondance tronquée fait suivre pas h pas, et comme dans les coulisses, l'histoire du premier Empire jusqu'en

11 novembre 1801. — J'ai le projet (Anson avait traduit un livre anglais) d'une nou\elle édition, avec l'anglais à côté; j'attends la paix (avec l'Angleterre , pour me procurer des notions sûres sur lady Montagne. J'ai traduit toutes s s poésies... Je vous demande la permission de laisser la note sur Rousseau ; c'est un point historique que je ne crois point devoir combattre. Assez de gens tombent, surtout aujourd'hui, sur Vo taire, dont l'opinion, en ce point-ci, est appuyée de bien d'autres laits1...

2'2 janvier (1802?). — Voici, mon cher ami, le Mercure, auquel je joins un petit mot. Vous devez avoir reçu, il y a quelques jours, une lettre immense de moi.

1. Nous n'avons pas cru devoir nous astreindre à classer ces différentes lettres dans leur ordre absolument chronologique. 11 n'y avait point d'importance à cela.

280 L'ARIÈGE, IVe PARTIE (suite et fin), CHAP. IV.

L'empereur n'es! point encore arrivé; on l'altend demain avec Murât. Tous l«s autres généraux retient là- bas On dit bien des choses, que je ne répète point. Boire autres choses on parle de l'abolition du décret de l'Assemblée constituante qui a détruit la noblesse, etc.

Nous lisons le nouveau roman de madame de Genlis. Cela ne vaut pas les autres; selon moi, elle parle de l'amour maternel avec art, plutôt que d'après nature. Pus a fait imprimer ses chansons en deux petits volumes.

Je n'en suis pas encore à réimprimer Anaeréon.

Nous dînâmes hier en quadrille avec M. Morellet et M. deLalande. Il s'en dit de bonnes. En ce que je ne me trouvais pas ju.'e entre les deux doyens des deux premières Académies, je n'ai pas toujours été de leur avis, et je m'en suis tiré, ainsi que madame A., très passablement. Je ne sais si l'histoire de Christophe est vraie : j'en ai entendu parler, mais, ce qui est certain, c'est que l'escadre de brest est sortie, qu'elle se i artagera, dit-on, en deux, dont une ira à Saint-Domingue et l'autre dans l'Inde.

Je n'ai point entendu parier de la translation de M. de Castellane, que je connais beaucoup : il «Hait constituant.

Adieu; mille respects à madame de Labouïsse, et quelques baisers à M. Adolphe.

2 février 1804. — Je suis devenu l'homme le plus paresseux du Parnasse. Je suis fini. — Lebrun, le jeune poète, est membre de quartier à Saint-Cyr. Je fais ce que je peux pour lui.

18 vendémiaire an XI. — Vous n'avez plus le temps de penser aux habitants de Paris depuis que vous méditez un projet d'hymen...

Nous allons jouir successivement des nouvelles productions de Delille. Quand je le lis. j'ai honte de prendre la plume après lui.

10 décembre 1805. — Est ce que ce fou de Lalande ne m'a pas mis à la tète des A... dans son second supplément ! Madame Anson l'a bien grondé ; il n'en dîne pas moins avec moi ; c'est un original dont on s'amuse... Au surplus, je suis là en grande compagnie avec l'empereur.

Je ne vous dis plus rien de nos victoires. On traite la paix à Vienne.

1er août 1805. — Madame Hervin n'a pu être instruite, et le ministre... je ne vous en dis pas davantage afin de ne pas dire de mal de lui que je vois très peu... je ne connais rien de plus timide, de plus servile.

\n janvier 1806. — Nous attendons le rétablissement des Jeux floraux avec impatience, car c'est un très joli nom, trop joli pour moi, mes fleurs sont fanées.

Nous avons Carnier, M. Delaville, chambellan de Madame, etc., à dîner.

11 février 1800. — Garnier nous récite ces jours-ci quelques morceaux du poème de La Harpe sur la religion, ou plutôt sur la Révolution. Nous ne voyons Lalande qu'une fois par mois. On parle de création de fermiers généraux. De avilie a porté à madame Anson un portrait de madame de Carignan. Nigée demandera la place de Coilin, mais je crois que Daru l'emportera. Volney va assez bien. — Va le,

29 mars 180(5. — Vous savez que M. Daru, traducteur d'Horace, a été préféré aux autres pour l'Institut. J'en ai été fort aise parce que je l'aime, et, d'ailleurs, c'est un confrère... Lue heure avant l'élection, l'Empereur entra au conseil ; tous les ministres y étaient, par conséquent Maret, Champagny, Portalis, etc. il commença par demander en riant à Champagny ce qu'il avait l'ait pour être sur les rangs pour l'Institut; il le plaisanta et finit par lui dire qu'il pensait qu'il ne devait pas en être, précisément parce qu'il était ministre de l'Intérieur, et ayant l'Institut dans son département... Champagny crut entendre ce que cela voulait dire et écrivit sur-le-champ

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