POLÉMISTES DU TREIZIEME SIECLE
ciel cathare, et l'héroïque prince qui seul en soutenait le poids, entouré de prostrations et de ruines, restait debout, noble et fier '. »
III. — Mais le rôle des guerriers Ariégeois n'a pas toutes les beautés qu'on lui prête, lorsque l'historien ne se place plus au point de vue des protestants modernes. Les polémistes du treizième siècle faisaient preuve de ténacité ■ mais leur cause avait-elle la bonté que leurs successeurs lui supposent? L'on revient à l'éternelle querelle entre la méthode catholique et la méthode protestante. L'unité intellectuelle des esprits, sous l'influence librement consentie de l'enseignement uniforme du catholicisme, est-elle l'idéal ou l'état normal des siècles nouveaux? Admettre, — ce qui était le principe fondamental de l'albigéisme et du catharisme, — le droit pour chacun de formuler à tort et à travers de nouvelles conceptions sur l'univers, sur Dieu, sur les rapports de l'homme avec Dieu, en telle sorte que les idées admises en Occident puissent être directement l'opposé des croyances reçues en Orient, n'était-ce pas, loin de travailler au profit de la vérité, au développement de la science, vouer l'esprit humain et les générations futures à un scepticisme incurable 2 ?