Histoire de France, t. IV, p
316 I/ARIÈGE, IVe PARTIE (suite et /in), CHAP. V.
des Adrets, il fut condamné à être pendu. Toutefois, on comptait sur l'éloquence du grand rhéteur de Pamiers. Déjà sur l'échelle où il devait mourir, il exhortait la foule avec un tel pathétique, « qu'elle demanda sa grâce, et le ministre Yiret l'obtint du terrible chef huguenot».
Mal accueillis d'abord, le père Edmond, ainsi que les pères Jean Pelletier et Jean Roger se mirent à prêcher dans la ville, et commencèrent à s'attirer les sympathies des habitants. Ils purent ouvrir leur collège au bout de quelques mois. Le père Edmond , régent de rhétorique , inaugura le collège par une harangue latine. Il proposa, dit-on, des conférences que les novateurs n'acceptèrent pas. Nous n'avons pas le texte de la harangue du père Edmond Auger, mais nous soupçonnons qu'à propos de la rupture protestante, il aborda le problème de la théorie des mouvements historiques, périodiques, qui se font ressentir dans la poitrine et la conscience de l'humanité, comme certains mouvements dans la mer. L'élément divin a pour mission, sur la terre, de faire contrepoids à l'élément humain agité, car chacune des générations humaines qui apparaît sur le globe semble avoir, à son tour, comme un besoin inquiet de ten ter les aventures de l'idée. Ce besoin se traduit par je ne sais quelle fièvre d'insurrection contre tout ce qui est limite, barrière, règle intellectuelle, civile, politique, religieuse.
S'il y a dans l'histoire diverses insurrections contre Je dogme religieux chrétien, nous nous persuadons que le vif et pénétrant polémiste que Pamiers entendit en 1559, loOÛ, se plaçait au point de vue qui vient d'être indiqué. Si, à certaines époques, on a boudé le christianisme catholique, ne lui faisait-on pas un crime de mettre du divin au front de tout : à la paternité, à l'autorité, comme dans la lutte pour l'existence ? Or voici le choc des tendances contradictoires. Le christianisme avait fait cesser