‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 237 sur 498 · HippolyteMasson, Revue de Gascogne, t. XIV, p · texte numérisé non relu

HippolyteMasson, Revue de Gascogne, t. XIV, p

PRÉDICATEURS DU XVIIIe ET DU XIXe SIECLE. 339

de son ouvrage Causa regaliœ penitus explicata !, où l'on retrouve ses foncières qualités de savant sérieux et de vigoureux dialecticien. L'auteur divise sa matière en huit articles ou livres assez logiquement distribués.

Articulas I. — Quid sit jus regaliœ ; quœ ejus origo, quibus fundamenlis nitatur. — Articulas II. — Utrum custodiœ seu detensionis tilulus, quod primuui est juris regaliœ fundamentum , regibus christianis primœ et secundœ dynastiœ in ecclesiis regni sui competeret , ac hujusmodi custodiam et defensionem exercuerint. — Articulas III. — Utrum Ecclesiœ feuda régi obnoxia, sub prima et secundà regum francorum dynastia, possiderent, qui juris regaliœ titulus est aller; et débita ob hujusmodi fundorum possessionem servitia regibus prœs.tarent. — Articulas IV. — Utrum jus regaliœ in tota amplitudine suâ , quaienus scilicet usumfructum redituum Ecclesiœ vacantis et beneflciorum collationem compleclilur, reges tertiœ dynastiœ christianissimi ante concilium Lugdunense exercuerint, illudque agnoverit et approbaverit Ecclesia. — Articulus V. — Utrum concilium Lugdunense II jus regaliœ chrislianissimis regibus competens imminuerit, circumscripserit, coarctaverit. — Articulus VI. — An regaliœ usus œquitati et libertati Ecclesiarum repugnet? — Articulas VII. — Utrum regaliœ jus regium rectè nuncupatur. — Articulus VIII. — Ad quem spectet de regalia, ejus extensione, appendicibus, vel annexis judicare. Jurisne sit Ecclesiœ, vel régis.

XIY. — Un groupe de prédicateurs dans la première moitié du dix-huitième siècle et dans le dix-neuvième. t — Les premiers appartenant à l'ordre des dominicains, et tous originaires de Pamiers : le P. Paul Desserres 2, le P. Hyacinthe Paris 3 , le P. Gil 4 et le P. Joseph Desserres 5 , ont représenté l'éloquence sacrée dans le

1. Causa regaliœ... seu responsio ad dissertationem N. Alexandri, in-4°. Leodû, 1685.

2. Paul Desserres prêcha pendant plus de trente ans. On l'entendit à Luçon, Poitiers, Beauvais, Amiens, Pamiers, Montferrier. (11 était des frères prêcheurs de Pamiers et prédicateur renommé, mort le 19 mars 1727).

3. 11 passait pour un des premiers prédicateurs de son temps. Il avait acquis sa réputation par le grand succès avec lequel il avait été écouté pendant quarante ans dans les principales villes de France. Mort le 8 janvier 1727.

4. On a dit le P. Jean Gil « très apprécié dans les villes du Languedoc, et particulièrement à Toulouse ». Son épitaphe aux Jacobins de Pamiers portait : « Litterarum amantissimum, veri defensorem strenuum, profundissimum theologum , sacrumque oratorem disertissimum ». Mort le 14 avril 1746.

5. 11 prêcha plus de cinquante carêmes dans les premières chaires du

340 L'ARIÈGE, IVe PARTIE (mite et fin), CHAP. V.

siècle dernier. Au dix-neuvième siècle, c'a été le tour de prédicateurs originaires du Couserans , du pays de Rieux, ou du pays de Foix, parmi lesquels nous citerons l'abbé de la Fage ', l'abbé de la Tour2, le P. Domenc 3, les chanoines Faur et Carme \ le P. Ambroise Denis 5,

l'abbé Peyrat6, le P. de Coma7, l'abbé de Séré , l'abbé

royaume, avec une grande distinction. Mort à 70 ans, en 1748. (Voir dans les Annales de Pamiers, par M. de Lahondès, et dans les archives de Pamiers, le registre des sépultures du couvent des frères prêcheurs de Pamiers.)

1. Le baron de la Fage était né à Rieux; il fut prédicateur du roi. Vicaire général à 25 ans, il devint chanoine de Notre-Dame de Paris. \\ refusa l'évêché de Montpellier pour se livrer à la prédication, et fut, par son éloquence, l'émule du célèbre Mae-Carthy.

2. L'abbé Gabriel de la Tour, l'intrépide martyr, massacré pendant la Terreur, né à Noé (Haute-Garonne), en 174.9, avait fait de fortes études au grand séminaire de Rieux. 11 devint un prédicateur renommé dans le Midi de la France. 11 fut, à Toulouse, ce que l'abbé de la Fage fut à Paris. (Histoire des hommes illustres de la famille de la Tour de Noé, p. 14 et 71.)

3. Le P. Domenc, dernier débris des frères prêcheurs de Saint-Girons, avait eu à pleurer le malheur d'innombrables frères dispersés par la tempête de 93.

Nous avons assisté souvent à ses prédications; il mourut après 1830. « Le P. Domenc portait sur son visage une expression d'énergie et de fierté qui décelait une nature forte, enchaînée sous un habit qui l'empêchait d'éclater. » (Manaud de Boisse, Promenade à travers le Saint-Gironnais, p. 50). Les habitants aimaient à entendre le carême et la Passion du Vendredi-Saint des lèvres de ce prédicateur d'autrefois. Autant que nos souvenirs de jeunesse nous le rappellent, il y avait dans la parole du P. Domenc une onction éloquente, une pureté, un amour des périodes harmonieuses, qui formaient contraste avec l'apparente rudesse de sa physionomie. 11 se faisait entendre à Toulouse et en diverses villes du Midi. Il ne le cédait ni à de La Rue en grâces et en facilité, ni à Cheminais en douce éloquence de style. Toutefois, nous ignorons s'il poussait jamais ses idées et ses mouvements oratoires jusqu'au sublime. Le P. Domenc se promenait souvent, près du Salât, à côté des ruines de son couvent, seul, « comme Mari us sur les ruines de Carthage ».

4. Ils étaient Les classiques du Midi, pendant que les Deguerry, Combalot, Cœur, étaient les romantiques du Centre et du Nord.

5. Né à Saint-Girons, le 23 mars 1812; mort à Rouen le 11 janvier 1807. 0. Né à Oust vers 1810; mort curé de Foix, en 1871.

7. M. L. de Coma honore le clergé par ses talents oratoires, comme par ses vertus. On n'a qu'à lire son remarquable Sermon pour une professioyi religieuse, prononcé aux Bénédictines de Toulouse, le 29 juin 1883. Le

Page 1