‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 247 sur 498 · COMMENT ÉCRIVAIT DELMAS · texte numérisé non relu

COMMENT ÉCRIVAIT DELMAS

Sa inorl sera vengée: nous l'avons tous juré. Je le jure encore, au nom tle mes camarades, qui me chargent de te témoigner les sentiments d'estime et de fraternité que tes vertus républicaines t'ont mérités.

Salut, fraternité, et vive la République1 !

Cette manière de transmettre des nouvelles douloureuses ne fait-elle pas songer aux littératures antiques de la Grèce? En entendant ceux qui parlent ainsi à un père de la mort de son fils, nous comprenons les hommes qui, conduits parLéonidas au nombre seulement de trois cents, allaient affronter huit cent mille- Perses. Tout s'efface devant l'idée du pays, devant la patrie qu'il faut sauver ; les pères lui doivent la vie de leurs enfants.

On s'explique que trois cents trépas héroïques aient fait violence à la fortune; on s'explique aussi que les soldats républicains de 1792 en aient triomphé, même lorsque les probabilités étaient contre eux. Aussi, on l'a dit avec justesse, « quand on rencontre de semblables lettres (celle citée plus haul) écrites par des Àriégeois, on repète, malgré soi, une parole célèbre, dont il a été fait abus, et qui n'excite plus que des sourires. Ici pourtant, en présence de ces Ariégeois au caractère épique, l'ironie est-elle possible? Ne sommes-nous pas, au contraire, certain d'exciter l'enthousiasme patriotique en nous écriant : Oui, l'Ariège produit des hommes et du fer 2 ?

1. Emile Darnaud, Notice sur la part de VAriège à la guerre de la République française contre le roi cf Espagne, p. 99.

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