‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 254 sur 498 · PROCÈS DES TROUBLES DE MONTPELLIER · texte numérisé non relu

PROCÈS DES TROUBLES DE MONTPELLIER

pour conspirer, un peu pour plaider », a-t-on dit, paraissant à l'audience à côté de Michel de Bourges et de Janvier, pour défendre de nouveaux transfuges l, mettre sa parole au service des soldats de Cathelineau et de M. de Maynard, chevalier d'honneur de la duchesse de Berri, devant les cours d'assises de cette contrée guerrière 2. Il plaida aussi pour ces fameuses bandes des Pyrénées appelées les Demoiselles, paysans révoltés des vallées de Bethmale, de la Bellongue et de la haute Ariège, qu'on avait vus, dans les montagnes, la hache et le fusil à la main, tuant les gardes des forêts.

III. — Mais lorsque vint aux assises extraordinaires de la Haute -Garonne , en \ 833 , le procès des Troubles de Montpellier, l'éloquence de Du Gabé monta à son apogée. Les haines politiques se développèrent, on le sait, le lendemain de la révolution de 1830, comme cela a lieu toutes les fois qu'un parti arrive au pouvoir et qu'un autre tombe. A. Montpellier, les deux partis de la révolution et de la monarchie exilée en vinrent aux mains dans l'été de 1833, le sang y fut versé. Lorsque l'affaire fut appelée aux assises de Toulouse, Du Gabé eut naturellement un rôle dans la défense ; les troubles coïncidèrent avec une procession de première communion : l'effroi des enfants qui venaient de faire leur première dévotion, leur dispersion, leurs cris dans les rues, les agissements de quelques perturbateurs, le sang... tout explique l'émotion de la ville et ensuite Témotion du procès qui en résulta. « On ne pouvait parler

1. Étranges hasards! ceux qui avaient dispersé les transfuges de la Corogne et de la Bidassoa devenaient à leur tour des insurgés. Celui qui avait gardé ces transfuges sur les bancs de la cour d'assises de Toulouse était pris les armes à la main.

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