‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 269 sur 498 · Rapport de 38 pages · texte numérisé non relu

Rapport de 38 pages

396 I/ARIÈGE, IVe PARTIE (suite ei fin), CHAP. VI.

la défense, telle qu'il la comprit et l'exécuta, est un chefd'œuvre du genre. On peut la lire imprimée, elle forme une brochure de 78 pages in-801 avec ce titre : Les Frères des écoles chrétiennes contre l administration municipale (audience du 16 décembre 1872; tribunal civil de Toulouse, lre chambre). On verra, dans les journaux de l'époque 2, la sensation immense que produisit la plaidoirie magistrale de Du Gabé. Les auditeurs étaient accourus en nombre considérable, parce qu'on savait que c'était pour la dernière fois que l'éminent orateur paraissait à la barre, où son éloquence, « tour à tour majestueuse ou incisive au suprême degré, avait brillé pendant cinquante ans d'un éclat incontesté. »

La vigueur de raison avec laquelle l'orateur repoussait les prétentions chicanières de la ville, fut remarquée. Aussi la presse disait-elle que Du Gabé couronna dignement sa carrière par « ce magnifique chant du cygne ». Son dernier discours fut de la haute éloquence et en même temps une bonne œuvre, une œuvre de protestation contre une prétention exorbitante et cruelle. Le critique que nous aimons à citer souvent, quand il s'agit d'apprécier l'éloquence du palais, ajoute que la plaidoirie de Du Gabé eut, en cette circonstance, « un nerf, une précision, un tour et une flamme qui en ont fait une des plus belles pages de sa vie 3 » .

Telle est cette grande figure de l'Ariège, qu'il était juste de toutes manières de mettre sur le piédestal qui lui est dû, dans un moment surtout où l'on se plaint de toute part que l'éloquence française se réduit, et que les

Page 1