‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 270 sur 498 · DU GARÉ HONORE L'ÉLOQUENCE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

DU GARÉ HONORE L'ÉLOQUENCE FRANÇAISE

orateurs commencent à se faire rares. Si cela est vrai, si la décadence est réelle, du moins ne laissons pas dans l'ombre les hommes de valeur éminente qui nous appartiennent. Et s'il existe, au fond des montagnes, de ces hommes qui ont quelques-unes des qualités de Mirabeau ou de Berryer, de Jules Favre ou de M. de Serres, glorifions-les. A ce titre, il fallait, d'une part, donner à la postérité le nom de Casimir Du Gabé qui mit une belle parole au service d'un esprit alerte, pénétrant et des plus élevés 1 ; il fallait , d'autre part , chercher, dans la nouvelle génération des avocats, quelque nom nouveau dont la maturité fut, jusqu'à un certain degré, la brillante représentation du barreau de l'Ariège.

IX. — Après le grand avocat qui n'est plus et'qui fut d'abord attaché au barreau de Toulouse , puis à celui de Paris, nous passons à l'avocat qui est encore sur la brèche,

1. Ce que nous connaissons de la correspondance de cet homme libéral et lettré, prouve que Du Gabé avait d'innombrables relations. Ses lettres attestent une àme large, bienveillante, serviable. Voici les personnages avec lesquels il correspond : Arago, — Paul Meurice, — Paul Féval,"— Louis Blanc, 1842, qui demande des billets pour la Chambre, — Dreux- Brézé, — Romiguière, — Duchatel, — le baron Alexandre Guiraud, — Léon Gozlan, — Michel Chevalier, — Phil. Dupin, -- de Chabaud, — G. de la Landelle, — de la Bourdonnaye, — d'Hautpoul-Latour, — de Lavergne, — Achille Fould, — marquis de Portes, — F. Ducos, — de Panât, — l'évèque de Pamiers, 1847, — Viennet, — d'Alton-Shée, — M. Isac et le missionnaire Evariste Hue, — le colonel marquis de Galliffet, en 1841, — le violoncelliste Batta, — de Mas-Latries, — Vavin,— Amilhau, — Mgr de Quélen, — de Puibusque, — baron d'Etchegoyen, — marquis de Marmier, — L. Raybaud, — Gasc, — Saint-Gresse, — de Rességuier, — l'abbé Deguerry, 1838, — Labouïsse-Rochefort, — Mgr Buissas, évêque de Limoges, 1844,— Chateaubriand, qui lui écrit, en 1833, sur les associations publiques et secrètes, — comte de Girardin, — Lamartine, — Casimir Delavigne, — Ch. de Lacombe, — le maréchal duc de Dalmatie, — J. Laffitte, — le P. Lacordaire, —la reine Marie-Amélie, pour lui recommander des victimes de grandes catastrophes, — le rédacteur de X Émancipation de Toulouse.

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et dans lequel nous personnifions le barreau actuel de nos

montagnes '.

M. Louis Laborde2, qui semble continuer les fidélités de Du (iabé pour le barreau, commença, il y a vingt ans, d'attirer sur lui l'attention publique, comme défenseur d'Audouy, dit X Hercule, dans le procès de Jacques Latour. Depuis lors il n'a cessé d'occuper un des premiers rôles au barreau de Foix. Sa manière comme avocat est d'être toujours parfaitement prêt, parfaitement clair, et de savoir se concilier non seulement l'attention bienveillante, mais encore, si on peut le dire, la faveur des juges.

Ce n'est pas dans cet ouvrage purement historique qu^

1. Hélas! le temps qui nous entraine el nous emporte tous, nous empêche de compter parmi 1rs vivants des avocats remarquables, dont les travaux et le noble caractère eussent mérité une longue étude biographique et psychologique. Tel M. Ferdinand Belenger, ancien étudiant du collège de Pamiers, qui fit son droit à Toulouse, où il devint l'ami de M. Malpel, professeur distingué de cette faculté, et plus tard recteur de cette académie, en 18;J0. Son intelligence, son jugement sur, unematurité d'esprit fortifiée par une incessante observation, avaient fait jeter les veux sur lui. 11 fut appelé aux difficiles fonctions de secrétaire général de la préfecture du Rhône.

Tout à la fois d'une droiture inflexible, et d'une sensibilité affectueuse, il accordait toujours à ses compatriotes d'Ariège un accueil des pins sympathiques.

Quant à M. Alexandre Borelly, le bâtonnier du barreau de Pamiers, dont la mort fut un deuil public, et qui, comme son père, l'ancien président du tribunal de Pamiers, avait la passion du pays natal, on n'oubliera pas ce qu'il fut comme magistrat municipal et comme avocat. Quelle humanité ! quelle honnêteté! Ennemi des procès, avocat de la conciliation, il rêvait de faire triompher le droit des familles. « Pour plaider, il ne lui suffisait pas d'être précis, clair et éloquent, il lui fallait obtenir encore cette confiance du juge qui l'animait à la séance et faisait naître en lui la certitude. Il dépouillait ses dossiers avec une conscience des plus scrupuleuses. Aussi le plus souvent le tribunal et la cour confirmaient par leurs décisions ses conclusions ou ses rapports. » La population entière accompagna sa dépouille mortelle à sa dernier»! demeure, <>ù M. Pé-dé- Arros, un des juges de Poix, lit entendre de nobles et chrétiennes paroles de suprême adieu.

2. Né vers 183-2 ou 183'J. — M. Laborde est président du conseil général, bâtonnier de L'ordre des avocats, membre du conseil départemental de l'instruction publique, du bureau d'assistance judiciaire, etc., etc.

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