‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 271 sur 498 · M. LOUIS LABORDE. ;{9Q · texte numérisé non relu

M. LOUIS LABORDE. ;{9Q

l'on doit juger les doctrines et les pratiques politiques des contemporains qui ont encore une action, à un titre quelconque, dans la politique militante. Nous répétons que M. Laborde, dont l'activité intellectuelle et l'autorité morale se sont employées à Paris ou à Foix, au conseil général de l'Ariège ou au palais du Luxembourg, ne sera considéré par nous, dans ces pages, que sous un seul aspect. Avant tout, par-dessus tout, nous voyons en lui l'avocat. Lorsqu'un citoyen prend part à la politique de son temps, il se produit presque toujours -à son sujet des divergences, des appréciations en sens contradictoire d'opposition et de sympathie. Nous faisons, ici, abstraction de ce côté des choses, pour nous borner à l'homme du bar-

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Selon les uns, la vie publique de M. Laborde commença en 1863, selon d'autres, en 1870, lorsque les événements l'obligèrent à accepter les fonctions de maire de Foix. Il voulut les abandonner pour répondre à l'appel de la patrie en danger; mais ses concitoyens le prièrent de conserver les fonctions municipales, ce qui le conduisit à devenir, en 1871, membre du conseil général pour le canton de Foix. Ce n'est pas au sein du conseil général que nous avons à l'accompagner, bien que, dès l'ouverture de la session, il ait été nommé président de l'assemblée départementale, et qu'on l'ait réélu à presque toutes les sessions suivantes.

1. On peut s'en tenir à la distinction faite par M. Aristide Pescaire dans V Avenir de l'Ariège (19 avril 1885), entre l'influence personnelle et l'influence administrative, officielle, ou gouvernementale. Si M. Laborde possède une autorité, une influence propre qui ne dépendent que de l'opinion qu'on s'est faite de ses talents, de ses mérites et de ses services, c'est l'influence personnelle. Celle-là, on l'exerce légitimement, quand on l'a. L'opinion seule peut l'enlever. Mais M. Pescaire parle d'une autre influence qu'il trouve irrégulière, et qui dépend du ministère, du gouvernement et des préfets. Celle-ci, il la déclare néfaste et anormale.

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Nous ne suivrons même pas M. Laborde dans la courte et rapide période de son apparition au Sénat; si nous prenons note de ses interventions à la tribune du Luxembourg, ce ne sera point pour mesurer l'homme politique ; nous ne verrons en lui que l'homme fidèle à sa vieille robe d'avocat, à ce qui semble sa devise, comme elle a été celle de l'un des plus grands avocats de Paris, Forum et Jus.

Comment , par quelle succession de circonstances , M. Laborde crut-il devoir, au commencement de d 879, poser sa candidature à l'improviste, pour le siège laissé vacant au Sénat ' par la mort de M. Frédéric Arnaud? Pourquoi, élu à une forte majorité, donna-t-il sa démission vingt mois ou deux ans après, et le vit-on reprendre exclusivement sa place au barreau de Foix? Pourquoi enfin, quoique réélu membre du conseil général, semble-t-il incliner de plus en plus à abandonner la vie publique? — Questions qui ne sont pas de notre domaine, n'ayant, pour notre part, qu'à nous préoccuper du beau talent de notre compatriote au barreau ; puisque, par-dessus tout, il est le défenseur des intérêts de ses concitoyens, puisque, enfin, c'est comme avocat distingué qu'il a conquis l'influence, la puissance même, dans son arrondissement.

X. — Aussi, dans ces pages, ne voulons-nous que recueillir les preuves de son talent, et consigner les témoignages de la réputation que les contemporains lui ont faite.

La sténographie départementale n'étant pas organisée pour le prétoire, il n'est pas aisé de retrouver et de présenter les titres oratoires d'un avocat dont la parole fugitive s'envole avec les impressions du moment. Toutefois,

1. Au Sénat, M. Laborde taisait partie do la gauche républicaine.

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