M. Amiel, dans Y Avenir de l'Ariègede février
4. Le mobile de l'assassinat parait avoir été les soupçons que conçut
410 L'ARIÈGE, IV« PARTIE {suite et fin), CHAP. VI.
M . Laborde eut là une tache difficile à remplir ; il l'accomplit avec « conviction et beaucoup de talent1 », faisant bien ressortir les circonstances atténuantes ; d'ailleurs le ministère public avait reconnu lui-même devoir admettre une atténuation.
Il ne fallait point qu'il se produisît, au cours des audiences, des interruptions intempestives de la part du président ; M. Laborde, qui a la réplique facile, se lançait alors, sinon dans le sarcasme, du moins dans ces tirades véhémentes et indignées où ne manque jamais l'émotion communicative. Il y a des avocats pour lesquels la réplique est un triomphe. Mais on doit distinguer deux réponses : une première qui est calculée d'avance (car l'avocat a deux plaidoiries à la fois dans sa tête, la sienne et celle de l'adversaire) ; une seconde, très souvent improvisée au cours même de l'action. M. Laborde, parmi les belles facultés dont il est doué, paraît posséder celle-là. Il grandit dans le feu du combat, il saisit corps à corps la thèse adverse, il empêche les interruptions de lui enlever ses légitimes avantages, ne souffrant pas qu'elles viennent troubler l'effet de son argumentation, quand elle impressionne visiblement le jury. Plein de dévouement à la cause de ses clients, pour rien au monde il ne voudrait compromettre les intérêts qui lui sont confiés. On voit donc pourquoi l'histoire de la plaidoirie dans les départements assigne une si belle place à l'avocat de Foix.
Une dernière occasion se présentait en avril de cette année (1886), l'affaire du notaire de Pamiers, Mayot, comparaissant aux assises de l'Ariège pour détournements de diverses sommes (19 détournements) tirées de la caisse des
Astrié contre Laberty. 11 supposait que ce dernier avait <los rapports avec sa femme.