‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 289 sur 498 · Do Casteras, Hist. de la Révolution dans VAriège, p · texte numérisé non relu

Do Casteras, Hist. de la Révolution dans VAriège, p

2. Nous avons dit dans un antre chapitre que Lakanal avait terminé on 1840, un ouvrage considérable qui devait se composer de trois forts' volumes in-8°, source titre : Séjour d'un membre de V Institut de France ou.r États-Unis pendant vingt-deux ans; qu'il en avait, lu des fragment à l'Académie des sciences morales et politiques, mais que le manuscrit avait disparu mystérieusement à la mort de Lakanal, ainsi que des notes sur la Révolution.

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voure parlée de l'homme, n'est-elle pas souvent trompeuse? On n'a pu presque rien dire de l'éloquence de Bergasse-Laziroules, qui eut cependant sa valeur; la presse n'a rien reproduit, rien ou presque rien, de lui '. Georges Bergasse-Laziroules avait un caractère doux, ennemi de la violence ; mais la nature des fonctions qu'il remplit pendant la Terreur, l'entraîna, dit son biographe, à des actes de rigueur qui eurent toutes les apparences du terrorisme. Il avait épousé Sophie de Senovern, dont il a été question ailleurs. On a de lui l'allocution qu'il prononça à Saurat, le 2 février 1789, devant plusieurs communes réunies pour discuter le plan à suivre dans l'application des réformes que rêvaient tous les esprits. Homme de volonté et de talent, il affirma les espérances et les prétentions du tiers état. Toutefois, son rôle dans l'Assemblée constituante, qui fut celui d'un patriote, ne jeta aucun éclat. Il vota constamment avec la gauche, sauf dans les délibérations concernant l'émission des assignats, qu'il combattit comme mesure antipatriotique. 11 prit la parole dans deux autres circonstances, notamment pour attaquer Montesquiou, au sujet du comité des finances2.

Néanmoins, s'il est permis de conjecturer la nature des discours d'un orateur d'après ses préoccupations philosophiques et politiques, on devine la nuance de l'éloquence de Bergasse-Laziroules. Bergasse-Laziroules, d'après son biographe3, nous paraît un honnête bourgeois, aux idées libérales, qui, sa vie politique finie, arrondit ses terres îans le pays de Rabat, en achetant les bois et les montagnes de Gourbit ayant appartenu au comte de Valence.

1. C'est ainsi qu'on ne trouve du citoyen Roques que son discours oui Daugura à Foix les cérémonies de la déesse Raison.

2. Paul de Casteras, Hist. de la Révolution dans VAriège p 169

3. M. de Casteras parle avec sympathie de Bergasse-Laziroules

43G L'ARIÈGE, IVe PARTIE (suite et fin), CHAP. VII.

C'était un esprit lettré, il aimait l'étude et il se partageait entre la lecture et l'amitié. La famille de cet Ariégeois, originaire de Marseille, s'était implantée dans le pays de Foix par le hasard des transactions commerciales.

Étant donné ces goûts, cette bienveillance constitutive et ces tendances d'idées, on peut deviner l'éloquence de ce député à la Constituante et au conseil des Cinq-Cents. Bergasse-Laziroules devait prendre la parole toutes les fois qu'il fallait revendiquer Yégalité entre tous les citoyens, cela se pressent; il devait aussi avoir le penchant à justifier la nation française des défauts qu'on lui reproche en Europe. Jean-Jacques Rousseau, dont Bergasse-Laziroules était imbu, d'après son historien, avait mis à la mode les gémissements sur l'état de la société civile avec ses trop choquantes inégalités. Laziroules avait-il l'impartialité de s'apercevoir qu'en dehors des lacunes qu'offrent tous les régimes, il faut, dans les sociétés les plus perfectionnées, se garder de i'écueil d'une exigence malsaine, de cet égoïsme retourné, qui trop souvent cache V envie sous la revendication fiévreuse de l'égalité? Y a-t-il une société possible, si toute espèce de supériorité devient un objet d'envie et de haine? Celui qui réussit et qui possède devra-t-il donc fatalement être menacé par celui qui ne réussit point et ne possède pas?

Nous voulons croire, d'après les nobles sympathies qu'a laissées Bergasse-Laziroules, qu'il se posa en moraliste consciencieux et opportun devant ses concitoyens, les exhortant à se rendre tous dignes de ce qu'il appelait un régénération. Si la société civile n'est pas toujours ce que nous voudrions qu'elle fût, nous devons avoir le bon sens de reconnaître que souvent c'est parce que nous ne sommes pas chacun ce que nous devrions être, puisqu'enfin cette société, c'est nous tous.

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