‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 297 sur 498 · Voir Cyprien Dufour, Esquisses locales, Louisiane · texte numérisé non relu

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446 L'ARIÈGE, IV° PARTIE (suite et fin), CHAP. VII.

ment, la spontanéité étant une condition de sa force1. »

VII. — Arrivé à ce degré de notoriété par ses talents originaux et par ses succès oratoires au barreau2, Soulé vit la presse américaine s'emparer de son nom. De tous côtés parurent des portraits littéraires où l'on essayait la physiologie de ses puissances intellectuelles, et où l'on esquissait môme un pastel de sa physionomie physique. On disait les grands airs de son visage et de son front3.

Mais le renom d'avocat ne fut, pour Pierre Soulé, qu'un marchepied pour s'élever aux plus hautes situations politiques, et pour faire briller son éloquence au Sénat de Washington. C'est en 1847 que Pierre Soulé entra au Sénat américain, après avoir été, en 1845, élu au Sénat de l'Etat de la Louisiane 4. Alexandre Barrow, représentant de la Louisiane, étant venu à mourir, Pierre Soulé fut élu pour achever son terme, vingt-neuf jours seulement avant la fin

1. Frédéric Gaillardet, P. Soulé, sa vie, ses doctrines, sa mort, dans [a Liberté, du 19 avril 1870.

2. P. Soulé était nommé le prince des avocats criminalistes. — Sur plusieurs centaines de prévenus qu'il défendit, on n'en compte que quatre ou cinq dont il n'ait pas gagné la cause. — Nous avons lu, à la date de 1852? que, sur cinquante causes capitales qu'il avait plaidées, il n'en avait perdu qu'une seule.

3. Le Courrier de la Louisia?ie reproduisait dans ses colonnes, le 23 mai 1843, un long article traduit de l'anglais, extrait d'un Essai sur les hommes les plus remarquables du barreau de la Nouvelle-Orléans ; Pierre Soulé y était exalté comme un des plus grands avocats; il était le Berryer, le Hennequin, le Chaix d'Est-Ange, le Jules Favre, le J. Le Berquier, le Lachaud de l'autre côté de l'Océan. On ne tarissait pas dans l'éloge.

4. P. Soulé avait été nommé, en 1845, par le parti démocrate, membre de la convention chargée de reviser la constitution de la Louisiane, et cette charte une fois revisée dans un sens plus libéral que la précédente, surtout en ce qui regardait les étrangers naturalisés, il fut élu au Sénat de l'État par la ville de la Nouvelle-Orléans. Pendant qu'il était membre de ce corps (1846), il contribua puissamment au vote delà loi qui a presque virtuellement aboli la peine de mort, en donnant aux jurés le droit de qualifier leur verdict et d'ajouter à la reconnaissance de la culpabilité les mots « Sans peine capitale ».

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