‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 302 sur 498 · COMMENT SOULE DEFEND LE SUD · texte numérisé non relu

COMMENT SOULE DEFEND LE SUD

des États-Unis à la disposition des terres publiques, et la faculté d'être reçu dans l'Union et de devenir un État, avec ou sans l'esclavage, selon que le peuple en aura décidé. Notre orateur soutint qu'il ne fallait point se fonder sur les lois mexicaines pour interdire l'esclavage dans les territoires % ; et, quant au partage alors projeté du Texas, quant au bill relatif à l'extradition des esclaves fugitifs, et à celui qu'on proposait pour abolir le trafic des noirs dans l'Etat de Colombie, Pierre Soulé arrivait au Parlement américain avec des opinions arrêtées sur ces .questions. Selon lui, c'étaient autant de mesures que le Sud ne pouvait accepter dans la forme proposée. M. Soulé pensait que, du jour de l'annexion, la loi mexicaine avait été remplacée par la loi américaine, qui reconnaissait l'existence de l'esclavage ; et il demandait, avec M. Jefierson Davis (depuis président des États-Unis), que les territoires demeurassent ouverts aux propriétaires d'esclaves.

M. P. Soulé s'avança avec force , talent et stratégie , à travers cette discussion qui fut longue, intéressante, et qui tenait toute l'Amérique attentive. Répondant à l'illustre H. Clay, l'orateur ariégeois établissait, parles termes même du traité avec le Mexique, puis par la correspondance entre les agents des deux gouvernements et les autres autorités, que ni les États-Unis, ni le Mexique, n'avaient voulu poser l'interdiction que supposait le compromis de M. Clay; et il concluait en se déclarant contre cette mesure, du moins contre la teneur dans laquelle le bill était présenté, mais il était prêt à l'accepter, moyennant les modifications indispensables.

1. Les pays nouvellement annexés sont appelés territoires et administrés par un gouverneur que nomme le pouvoir central. Ce n'est qu'après avoir traversé cette première période qu'ils sont élevés au rang d'Etats, pourvus d'une législature particulière et de représentants au Congrès.

456 L'ARIÈGE, IVe PARTIE (suite et fin), CHAP. VII.

On n'aura point de peine à se représenter la vogue et L'admiration que cette solennelle discussion devait attirer à P. Soulé. Il s'agissait d'une question vitale pour tous les Etats-Unis, et d'intérêts majeurs pour les États du Sud. Ce n'était pas un mince intérêt en 1850, à la Louisiane et dans le Sud, que de savoir si les gouvernements des nouveaux territoires auraient ou n'auraient pas le pouvoir de faire des lois pour ou contre l'introduction de l'esclavage, dans les pays placés sous leur autorité. Aussi l'énergique, originale et éloquente intervention de P. Soulé dans ces graves débats, fut un événement immense. Il brilla d'autant plus dans cette discussion, qu'éloigné du Sénat par une maladie longue et dangereuse, il avait dû quelque temps se tenir à l'écart du Parlement; et, lorsqu'enfîn il lui était donné de revenir prendre part à ses travaux, voilà qu'il abordait la délicate question, au moment où les principaux orateurs des deux camps y avaient épuisé presque toute la force de leurs arguments.

P. Soulé sut défendre, avec autorité et prestige; son opinion personnelle dans les points en litige entre le Nord et le Sud. S'identifîant au pays dont il était le délégué, il avait à tenir compte : 1° du droit que réclamait le Sud à une part égale dans le territoire acquis du Mexique ; 2° du refus du Sud de reconnaître au Congrès aucun droit de s'interposer dans la question de l'esclavage au district de Colombie, d'arrêter ou d'entraver le commerce des esclaves entre les Etats ; 3° de la demande faite par les États du Sud de mettre en vigueur les clauses de la constitution qui commandaient de rendre aux propriétaires leurs esclaves fugitifs; 4° des limites légales à assigner au Texas. En effet, P. Soulé, qui était éminemment l'homme du Sud et delà Louisiane, réclamait ces limites, telles qu'elles

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