‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 305 sur 498 · QUESTION DU COMPROMIS · texte numérisé non relu

QUESTION DU COMPROMIS

frappés, et que certains journaux répandirent le bruit qu'il était un fils naturel de l'empereur !.

Du reste, ses discours de 1850, remarquables par une grande fermeté de principes et par une vigueur d'éloquence peu commune, furent hautement prisés par la plus grande partie de la presse du Sud. « Ils nous ont rappelé, disait un journal de Yermillonville 2, ces temps antiques où les hommes d'État, également propres à l'action et au conseil, passaient sans hésitation du Champ de Mars au Forum, et triomphaient par la parole comme ils avaient triomphé par . l'épée. »

Ainsi, Pierre Soulé fut un grand artiste de la parole. Il avait assurément le don de l'improvisation, cette faculté qui joint, à l'incubation continue et permanente des idées, la puissance de les exprimer sur-le-champ, sous une forme facile et riche. Sa voix, « moins tonnante que celle de Berryer, était plus flexible et plus sympathique. Son sourire avait tantôt des dédains suprêmes, tantôt des séductions irrésistibles ». Quant à la manière dont Soulé préparait ses harangues, on raconte que, lorsqu'il avait rassemblé les matériaux d'une question, il priait sa femme, qui était excellente musicienne, d'exécuter quelque composition de grand maître. Il se promenait alors, il méditait. Ainsi les pierres du futur édifice se mouvaient d'elles-mêmes dans l'espace, l'ensemble du temple se posait dans sa

1. Ce qui semblait accréditer ce bruit, c'est qu'on savait que ce démocrate américain, ce révolutionnaire français avait donné une hospitalité presque fraternelle au prince Achille Murât, réfugié comme lui à la Nuuvelle-Orléans, et dont il dirigea les premiers pas dans le barreau louisianais, où il aurait réussi comme son jeune patron, s'il avait eu le même respect de lui-même et la même persévérance. Après sa mort que hâtèrent ses excès, sa veuve trouva longtemps un asile sous le toit de madame Soulé, belle créole d'autant de cœur que d'esprit. (Fréd. Gaillardet ; la Liberté d'avril 1870.)

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