‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 308 sur 498 · NOMMÉ AMBASSADEUR EN ESPAGNE. 4G · texte numérisé non relu

NOMMÉ AMBASSADEUR EN ESPAGNE. 4G

empreints du charme particulier de l'accent français, captivaient l'aréopage américain. Il exerça une telle influence dans la politique de Washington que, sous la présidence de Pierce, il fut nommé ambassadeur de la république en Espagne, en 1853, alors qu'il était question de l'achat de l'île de Cuba. La résolution de son caractère, la renommée de ses hautes lumières, les aptitudes politiques dont il donna cent exemples dans les discussions du Sénat, le désignèrent tout naturellement pour aller soutenir les intérêts de l'Amérique dans les transactions difficiles de la diplomatie auprès des cours étrangères.

XII. — Cependant, il reste à suivre dans leurs derniers replis les sentiers qui conduisirent, pas à pas, Pierre Soulé au sommet de la confiance publique, et à bien signaler les éléments d'anarchie et de scission que l'avocat louisianais eut à soulever, à discerner et à refondre dans le creuset. Un observateur sagace nous a fourni les données nécessaires à cette psychologie profonde, parce qu'il a étudié la difficulté sur place, et qu'il a pu voir Pierre Soulé à l'œuvre. Voici comment il a analysé la situation et mis la main dans le secret de l'élévation de l'orateur castillonnais, devenu un citoyen des plus illustres des États-Unis. Il faut dire que l'étude du problème se faisait en 1852, et que l'écrivain suivait la marche de l'opinion, en la prenant au point où elle se trouvait il y a trente ans.

Ce fut d'abord comme volontaire de la politique que Soulé suivit le drapeau de son parti. Il était entré, en arrivant, dans les rangs de la démocratie jefïersonienne. Devenu, grâce à l'influence de sa parole, le drapeau de la

nous pas les discours politiques et les plaidoiries célèbres de notre Pierre boule ?

ios I/ARIÈGE, IVe PARTIE (uni le et fin), CHAP. VII.

population d'origine française, ses efforts pour déraciner le whigisme ' de la Louisiane et y implanter la démocratie, popularisèrent de bonne heure son nom au sein de l'ancienne population. On n'avait pas encore vu de grand orateur français, et celui-ci était aussi éloquent dans la langue de Sheridan que dans celle de Mirabeau. Cette double puissance lui permit d'exercer une double influence sur les masses de diverses origines qui habitent la métropole du Sud. Personne ne s'était jamais élevé, avant lui, à la hauteur d'un rôle aussi difficile et aussi nécessaire, à l'époque où il en fut comme providentiellement investi.

Il y avait plus de trente ans que la Louisiane avait été cédée à l'Union par le premier consul. Le flot des hommes du Nord débordait sur le pays avec une impétuosité dangereuse pour l'existence des premiers occupants. Les nouveaux venus apportaient en Louisiane une remarquable intelligence des affaires et ce système de banques folles qui devaient, par l'exagération du crédit, amener l'expropriation des détenteurs du sol.

P. Soulé vit, un des premiers, le danger de la banknote américaine, de cette monnaie de chiffons (rag money) , comme l'appelait le général Jackson. Il la repoussa pendant longtemps en lui opposant des banques locales, fondées par les capitaux louisianais. Il devint lui-même,

1. La Revue des Deux-Mondes à raison de dire (livraison du 1er aoûl 1879) que les termes whigs et tories ont souvent changé de sens, el on a pu prétendre qu'ils n'en avaient plus. Le whigisme représenté par M. Gladstone, et letorysme par lord Beaeonsfield, ne sont plus les nuances que représentaient lord Abeerden, Palmerston, lord Stanley, sir Robert Peel. — Ainsi en est-il en Amérique; car les whigs, dans les États du Sud, formaient une sorte d'aristocratie. P. Soulé avait deux péchés véniels que les Anglo-Saxons ne pouvaient lui pardonner, disait une feuille de la Louisiane : il était démocrate et naturalisé. La démocratie ne plaisait pas à ces descendants de nous ne savons plus quels ducs et pan'-; et ils n'aimaient pas les naturalisés plus ou moins démocrate-.

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