SOULE REÇU A PARIS A L'ELYSEE
en même temps que des talents oratoires de John Cadwel Calhoun, à cette époque (1825) vice-président des Etats- Unis ; mais, de son côté, l'exilé de l'Ariège aiguisait et préparait les armes par lesquelles il devait percer dans la publicité. Il avait pu, dans cette oasis, refaire son âme et son cœur meurtris , et en même temps il avait si bien appris l'anglais que, quelques mois seulement après son départ de la Nouvelle-Orléans, il y rentrait, se faisait admettre au barreau et se trouvait en mesure, dix-huit mois après son arrivée en Amérique, de plaider sa première cause dans la langue anglaise, de gagner un procès très important et de se faire admirer de tous et de chacun, cour, jury, auditeurs, par la force de sa logique et par sa parole éloquente; en sorte que les journaux américains vantèrent, outre sa connaissance du droit, « sa voix lucide, sonore et mélodieuse, et son accent étranger qui, loin de lui nuire dans l'idiome anglais, ajoutait à l'intérêt et à la force de sa belle parole * ».
.XVII. — Après les phases aventureuses du début, le roman devait accompagner Pierre Soulé jusque dans les positions officielles qu'il fut appelé à occuper en Europe, au nom de l'Amérique ; un épisode commença pour lui sous forme comique à Paris , pour se terminer à Madrid sous forme tragique et sanglante.
P. Soulé, à son retour de Madrid en 1849, passa quelques semaines en France, pour y revoir ses anciens amis et y étudier les hommes et les choses de la République de 1848. Cette étude lui parut peu satisfaisante. Les idées de nos hommes politiques s'accordaient mal avec les données de l'Union américaine, et Soulé s'apprêtait à retourner