Voir notamment le Daily Wisconsin
486 L'ARIÈGE, IV0 PARTIE («cite et fin), CIIAP. VII.
à Washington avec de singulières impressions. Quelques jours avant son départ, il exprimait son désappointement devant M. Frédéric GaiUardet, Fauteur de la Tour de Nesle avec Alexandre Dumas père, bien connu dans le monde des lettres et dans le journalisme américain, auquel il collabora pendant plus de vingt ans, mais qui, depuis quelque temps, était revenu en France. Le sénateur regrettait de n'avoir pu juger par lui-même de ce que la France démocratique avait à attendre de son prince-président. Il savait, et il répétait comme tout le monde les idées, les sentiments contradictoires qui avaient cours sur la valeur ou la nullité du prince Napoléon Bonaparte.
M. Frédéric GaiUardet chercha à faire revenir P. Soulé de ses préventions et des erreurs qui n'avaient plus cours que dans les estaminets ; écoutons son propre récit. Il dit au sénateur américain : « Eh bien ! voulez-vous en juger par vous-même et connaître le président? Je suis dans d'assez bons termes avec lui et avec son chef de cabinet, M. Mocquart, pour me permettre de présenter un homme aussi marquant que vous à sa réception hebdomadaire de l'Elysée, qui a lieu demain jeudi. Venez sans façon. Ces réceptions ressemblent un peu à celles du président des États-Unis à la Maison-Blanche de Washington. — Eh bien, j'accepte, dit Soulé. Je ne suis pas fâché de voir de près votre président. »
Le publiciste de New -York s'empressa d'écrire à «l'excellent et spirituel Mocquart», pour que le prince l'excusât de la liberté qu'il allait prendre, et pour qu'il fût prévenu de la valeur politique et sociale de celui qui allait le saluer. M. GaiUardet avait pensé qu'étant averti, son président, comme disait Soulé, exercerait sur celui-ci le prestige que subissaient presque tous ceux qui l'approchaient. Le journaliste du Nouveau-Monde y mettait, en quelque sorte,