GUERRE ENTRE LE NORD ET LE SDD
de désolation1. » Pierre Soulé, qui avait voulu, envers et contre tous, même dans le Sud, la perpétuité du lien entre tous les États, ne put se dissimuler, avant de descendre dans la tombe, que la persistance des idées séparatistes s'accentuerait d'année en année, et que le sentiment de la revanche s'exalterait après la réparation des ruines matérielles.
Du moins, aux yeux de la postérité, le prestige qu'obtint l'orateur ariégeois au milieu des Américains, par les hautes qualités de sa personne toute d'exception, résistera à tant de secousses. « Né au milieu des montagnes, # sur une terre lointaine, il avait été jeté par la persécution des opinions politiques, comme on disait en Amérique, sur des plages éloignées », après avoir subi les redoutables épreuves du malheur. Nos arrière-neveux répéteront qu'un étranger, venu au milieu d'hommes qui ne parlaient pas sa langue, ne possédant pas le sou qui fait vivre, le vêtement qui couvre et protège, put cependant étonner et ravir les citoyens des États-Unis, dans la période de 1840 à 1860 ; car on vit ce même étranger, après seize ans de séjour parmi eux, prendre la place du plus grand orateur d'un grand Etat. « On allait applaudir à son éloquence, on respectait son caractère et ses vertus ; on admirait la courtoisie et l'élégance de ses manières, et on l'aimait pour la bonté de son cœur et sa générosité2. »
Mais il est besoin de nouveaux détails pour compléter cette étude sur cette grande figure ariégeoise. On les trouvera dans le chapitre suivant.