‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 332 sur 498 · ERREURS. — RECTIFICATIONS · texte numérisé non relu

ERREURS. — RECTIFICATIONS

d'annexer le Canada ; ensuite de détruire la monarchie du Brésil ; puis de grouper, par un lien fédéral, toutes les républiques de F Amérique du Sud et de l'Amérique du Centre, sur lesquelles les Etats-Unis actuels exerceraient un protectorat qui serait une véritable suzeraineté; enfin, après une période de transition relativement fort courte, d'unifier les lois et surtout de centraliser le gouvernement de l'hémisphère américain tout entier. M. Blaine a avoué, d'ailleurs, sans difficulté, mais non sans orgueil que, durant son ministère, il avait activement travaillé à la réalisation de ces projets et notamment préparé la conquête et l'annexion du Canada. »

Yoici comment Soulé était pris à partie. Après avoir rappelé que le parti qui nourrit ces visées ambitieuses est puissant aux États-Unis, la même feuille évoque une anecdote rétrospective, pour montrer que les projets de conquête vont même au delà de la terre américaine, et indique M. Soulé comme un témoin et un interprète autorisé de cette portée excessive de la politique transatlantique. « Un jour, à la cour de Madrid, l'ambassadeur des États-Unis, M. Soulé, avocat français proscrit par le 2 décembre, celuilà même avec qui M. Barrot se battit en duel, parce qu'il avait parlé sans respect de l'impératrice Eugénie, disait en exposant la politique future de son pays d'adoption : « Dans « vingt ans — et nous y sommes fermement résolus, — « nous ferons, de plus en plus, de la politique d'interven- « tion en Europe; il suffira à certain moment d'une expé- « dition de flibustiers américains, pour ne faire qu'une « bouchée de votre vieille civilisation. »

Nous ne disconvenons pas que cette bravade serait moins aisée à réaliser que la conquête de l'Angleterre par les Normands, bien que, enfin, tout arrive, comme l'ont dit Talleyrand et M. Adolphe Racot. Toutefois, qu'on aille

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contre la réalité et les faits en attribuant cette bravade à l'homme d'Etat castillonnais, au sénateur de la Louisiane, à l'ambassadeur des États-Unis à Madrid, on l'a vu par tout ce qui précède. Relevons seulement ici quelques petites erreurs matérielles échappées au journal français. M. Soulé, qui partit pour l'Amérique vers le milieu de la Restauration, n'était pas un proscrit du 2 décembre. 11 se battit en duel, non avec M. Barrot, mais avec M. de Turgot. Enfin, la cause du duel n'était point un outrage fait à l'impératrice Eugénie , mais un outrage reçu dans la personne de madame Soulé.

Soulé était-il ou n'était-il pas pour cette interprétation de la doctrine de Monroë, qui mettrait toute l'Amérique, sud et nord, sous La direction des Yankees, et leur permettrait môme, l'œuvre terminée, de peser sur les affaires européennes ? Nous n'examinerons pas ici cette question. Constatons qu'il y a fort à faire pour rectifier toutes les erreurs qui se glissent dans le nombre incalculable des faits et des appréciations, à mesure que les sociétés et les individus fournissent leur carrière. M. de Turgot fils était obligé, à son tour, d'intervenir pour rectifier, au sujet du duel du marquis de Turgot, son père, des assertions insérées dans les journaux, mais qui n'émanaient pas des personnages directement mis en cause. C'est bien à Madrid, à l'ambassade, dans un bal donné par M. de Turgot, que le duel prit naissance. Dans ce bal se trouvaient toutes les autorités, le corps diplomatique, toute la haute société. C'est bien aussi à cause d'une expression blessante pour madame Soulé, femme du ministre des États-Unis, que, comme nous l'avons déjà dit, on rendit l'ambassadeur de France responsable et solidaire, le propos ayant été tenu chez lui.

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