‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 337 sur 498 · Ainsi s'expriment des journaux américains · texte numérisé non relu

Ainsi s'expriment des journaux américains

522 i/ARIEGE, IVe PARTIE (suite et fin), CHAP. VIII.

naissant la supériorité de Soulé, s'adressa à lui pour sauver au moins l'honneur de la grande cité du Mississipi, et pour traiter de la capitulation avec l'ennemi. Nous devons consigner ici les deux fameuses lettres qui furent écrites par Soulé et adressées à Farragut, au nom du maire Monror, lors de la prise de la Nouvel] e-Orléans. Nous les transcrivons telles que nous les trouvons dans un journal transatlantique (la Renaissance louisianaise , 1870), parce qu'elles sont deux monuments d'honneur pour la Nouvelle-Orléans. Voici la première :

Monsieur, à la suite d'une détermination prise pour sauvegarder la vie des femmes et des enfants qui peuplent encore cette grande métropole, le général Lowell l'a évacuée à la tète de ses troupes et m'a rendu son administration et son gouvernement, et la garde de son honneur.

De concert avec les pères de la cité , j'ai pris en considération la demande que vous me fîtes hier de la reddition sans condition de la ville, et de l'ordre qui l'accompagnait de hisser le pavillon des Etals-Unis sur tous les édifices publics, et d'amener celui qui flotte encore au vent au sommet de l'hôtel de ville. 11 est de mon devoir de vous transmettre la réponse que le sentiment universel de mes constituants, aussi bien que les impulsions de mon propre cœur, m'ont dictée dans cette si triste et -i solennelle conjoncture.

La ville est sans défense; la force et le matériel qui pourraient lui permettre de tenir tète à l'armement redoutahle que vous déployez devant elle, lui font défaut.

Je ne suis point militaire, et mes pouvoirs ne s'étendent pas plus loin que le maintien des lois municipales de la ville.

Ce serait présomption de ma part de vouloir conduire en champ de bataille une armée, si j'en avais une, et je sais moins encore comment rendre une ville sans défense comme celle-ci, à la merci de vos artilleurs et sous la gueule de vos canons.

Rendre une place dans de pareilles conditions serait une \aine et futile cérémonie. La ville est à vous de par la force hrutale, nullement par le vœu ou l'assentiment de ceux qui l'habitent, et c'est à vous seul de déterminer le sort qui l'attend.

Quant à hisser un pavillon qui ne serait pas celui de notre amour et de notre allégeance, laissez- moi vous dire qu'il n'est pas encore né l'homme, dont le cœur et les mains ne se glaceraient pas à la pensée d'un tel acte; et au nomhre de mes administrés, je ne compte pas le misérable renégat qui oserait, de sa main sacrilège, profaner ainsi l'emblème saint de nos aspirations à être un peuple libre; et non un troupeau d'esclaves.

Vous avez, monsieur, manifesté des sentiments <|tii honoreraient un homme dévoué à une cause meilleure que celle que défend votre épée. lue noble nature, quoique égarée, les inspira, je n'en doute point, et je sais apprécier comme il convient les motifs qui les inspirèrent.

C'est un brave et généreux peuple, que celui que vous aurez à admi-

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