Dans notre collection d'autographes
1)40 L'ARIÈGE, IV PARTIE {suite et fin), CHAP. IX.
plus de deux heures à la Chambre, sur le budget des divers ministères, à propos d'un crédit de 5 millions. Comme M. de Yillèle avait parlé d'une voix très affaiblie, Darmaing craint d'avoir entendu imparfaitement, il n'oublie pas ce qui était arrivé pour M. du Fougerais ; il n'ose plus se fier à ce qu'il a personnellement entendu, et il prie M. Villemain de vérifier la manière dont il a rendu la dernière partie des conclusions de M. de Villèle !.
Le journaliste qui est en renom se trouve en relations nécessaires avec les personnages importants ; et, pour les correspondances qui sont en nos mains, nous voyons que M. de Marchangy, renommé déjà par sa Gaule poétique, avocat du roi à la cour de Paris, recevait les confidences intimes de notre journaliste, ancien magistrat lui-même, fils et neveu de magistrats et militaires distingués, victimes, sous le régime de 1793, de leur attachement aux Bourbons2. Le publiciste ariégeois s'entretenait avec M. de Marchangy des malheurs de sa famille, de ses principes, du zèle avec lequel il avait rempli les devoirs de la piété filiale en poursuivant les révolutionnaires de 1793, de ses services honorables dans la magistrature, de ceux de ses parents, de la catastrophe qui lui avait fait perdre la place
1. Nous avons sous les yeux les notes manuscrites que Darmaing emportait toutes chaudes chez lui, de la Chambre des députés, et où l'on sent encore, à 67 années de distance, les émotions que venaient de ressen tir l'assemblée ainsi que les tribunes des journalistes. Ici, c'est M. dej Villèle qui est saisi au passage, là M. Beugnot, etc. Où sont aujourd'hui les choses et les hommes, les acteurs dans ces démêlés de la vio politique? Mélancolie des choses qui s'écoulent!...
2. Nous ne comprenons pas trop comment M. Darmaing réclamait, le 27 juin 1821, au greffier en chef près la cour des Comptes, un certificat constatant ses services en qualité de chef de bureau au comité de législ.i tion de la Convention nationale, depuis le mois de ventôse an II, jusqu'à la suppression de ce comité, qui eut lieu à l'époque de l'organisation du ministère de la justice, sous le Directoire. Cette demande fait partie des manuscrits possédés pnr nous.
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qu'il occupait comme premier conseiller d'une cour supé-
rieure ' .
Une lettre d'un ministre laisse entrevoir comment la simple erreur d'un commis avait empêché notre Ariégeois d'être compris dans l'organisation des cours royales. Estce sur cette fâcheuse aventure, ou sur des infortunes plus considérables que Darmaing voulait appeler la sympathie? Nous ne savons ; mais le 26 février 1821 , il s'adressait à une Altesse royale, en lui faisant parvenir une lettre dans laquelle il lui révélait ses secrets de famille. Sans avoir le texte de cette lettre, nous croyons en connaître le fond et l'esprit. Les parents de M. Darmaing n'avaient jamais aspiré aux faveurs de la cour, mais ils avaient été honorés de la confiance des princes, dans un moment où il n'y avait que des périls à courir. Si d'autres recueillent les fruits de leurs sacrifices, ne doivent-ils pas, ceux-ci, dans leur propre intérêt, se faire les défenseurs des héritiers de ceux qui périrent pour le fils de saint Louis ?
Dès 1818, Darmaing (J.-Ach.) partageait avec son père le travail dans les Annales, et envoyait, outre le compte rendu des Chambres, des articles divers2. Le 21 janvier 1820, il donnait sa démission au directeur des Annales, sur le bruit que ce journal allait cesser de paraître, et des propositions avantageuses l'ayant, sur ces entrefaites, décidé à entrer au Constitutionnel. Il ne devait pas rester longtemps dans ce dernier journal. Le contact d'hommes d'un talent vif et alerte, qui écrivaient dans cette feuille (les Thiers, Etienne, Jay, E. Dumoulin, Cauchois-Lemaire,