SAVOIR ET VALEUR DE PAGES
les journaux qui l'avivaient sans cesse et la rendaient plus acharnée. » J.-P. Pages fit partie de la Minerve, à côté de Benaben, de Saulnier, du chansonnier Béranger, de Harel, etc.; il livra de continuels assauts au ministère; il ne cessa de revendiquer, jusqu'à extinction de souffle, les libertés publiques. Quelque temps s'était à peine écoulé, que l'homme de l'Ariège et de Toulouse avait rang parmi les publicistes distingués et influents de la capitale ; et son rôle ne cessa pas d'y grandir pendant toutes les années de la Restauration '.
P. Pages de l'Ariège, avec la conscience du beau mandat confié à un publiciste, ne portait dans le journal que le fruit de ses sérieuses études, de ses heures méditatives; aussi se faisait-il remarquer par ces graves discussions dont il avait le secret, par cette argumentation serrée et triomphante qui s'appuyait sur la science acquise. Bien que Pages n'eût encore que trente à trente-deux ans, ses polémiques représentaient dix-sept années de travail profond et sans relâche. Il alternait les articles de journaux avec la production de brochures ou d'ouvrages considérables; de là une autorité qui, de bonne heure, fit de lui une véritable force en face du gouvernement. En 1817, parurent ses Principes généraux du droit politique dans leur rapport avec l'esprit de l'Europe et avec la monarchie constitutionnelle (1 vol. in-8°). Ainsi, la valeur du journaliste se trouvait augmentée de celle du philosophe, de l'écrivain, sur les matières d'histoire ou de politique. Le public vit de suite à quel point le journaliste de Seix aimait à remonter aux principes. Un penseur qui faisait preuve d'une telle maturité de raison ; un polémiste que de longues études sur les constitutions et les gouverne-