‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 363 sur 498 · COLLABORATION DE DURRIED DANS LA PRESSE · texte numérisé non relu

COLLABORATION DE DURRIED DANS LA PRESSE

poser et fournir un abri convenable pour les intelligences et les âmes, qu'on a imprudemment dépouillées de leur antique héritage.

Il faut lire surtout l'étude que Xavier Durrieu publia dans le journal le Temps, en 1841 ; c'est la réfutation du système de Pierre Leroux, prêchant la métempsycose, avec la variante de notre renaissance indéfinie au sein de l'humanité. On sait que la bizarre théorie de Pierre Leroux sur la destinée de l'homme, consiste à nous faire renaître tous après notre mort, indéfiniment, sous le nom d'autres personnages. George Sand, avec tout son esprit, avait adhéré à cette doctrine, si bien qu'à certaines heures elle se demandait sérieusement si, autrefois, ce n'était pas elle qui avait été Lucrèce, Virginie, Jeanne d'Arc. Xavier Durrieu, chargé de rendre compte du livre de Y Humanité, rencontra, dans huit pages qu'il consacra à discuter les théories étranges de P. Leroux, de sublimes explosions de triomphante dialectique, de bon sens et de sensibilité. « Renaître toujours dans l'humanité, disait-il, pour y recommencer, avec la même organisation, les mêmes rêves, les mêmes impuissances, les mêmes déceptions... c'est là votre immortalité!... Quoi! renaître uniquement pour recommencer, avec les mêmes atrocités, les mêmes douleurs, des milliards de vies infimes... arrière! c'est assez d'une fois! » Nous nous souvenons de la grande sensation que produisit cette vive et forte étude, et comment de tous côtés on s'enquit de Xavier Durrieu, alors tout nouveau encore dans la publicité et qui s'exprimait avec tant d'éloquence l.

Et lorsqu'on parle de l'artiste dans Xavier Durrieu,

1. De tous côtés le bruit se faisait autour des écrits de X. Durrieu sur cette race d'hommes, proscrite et persécutée, qu'on trouve dans les montagnes des départements méridionaux (Hautes et Basses-Pyrénées, Ariège,

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comment ne pas mettre en relief, sinon ses doctrines, quelquefois contestables et paradoxales, du moins sa manière d'écrire? Il appartenait, par la pureté, l'éloquence, la trempe vigoureuse de son style, à la haute école des Yeuillot, des Girardin, des John Lemoinne, comme on s'en assure par les lignes suivantes, bien que Durrieu s'y égare à justifier les hommes d'opposition, n'importe leurs faux pas.

On néglige trop peut-être, écrivait-il quelque part, à l'époque où nous sommes, l'étude des plus vieilles dissidences chrétiennes; les philosophies actuelles gagneraient infailliblement à fouiller dans la foi et la conscience des premiers jours de notre ère, à réveiller ces querelles lointaines où, suivant les temps et suivant les fortunes, se sont accusées de si nobles et de si énergiques passions. Voyez comme à travers la confusion des polémiques et en dépit des séditions de la basilique ou de l'hippodrome, se relèvent les Hères et mélancoliques ligures des penseurs profonds désignés, pendant des siècles, sous le nom d'hérésiarques, à la haine des masses et au mépris des savants vulgaires. On a ri souvent de leur insaisissable métaphysique et de leur théologie vétilleuse; mais pourrait-on citer un seul réformateur qui ait agité de plus hautes questions que les Arius, les Kutychès, les Théodore de Mopsuesle? Dites-nous si, à des époques diverses, une foule d'esprits supérieurs, de Scot Erigène à Faust Socin ou à Bayle, n'ont pas repris leurs doctrines sous différentes formules? On a prétendu que la passion de la gloire les jetait dans la manie des systèmes : qu'avaienl-ils à faire de gloire, ces pauvres moines si convaincus, si désintéressés, si austères? Qu'avaient-ils à faire de l'auréole autour de leurs fronts pâlis par la méditation et le jeûne? Il leur importait bien vraiment d'attacher quelques lambeaux de pourpre à la bure de leurs manteaux i !

XV. — Après 1844, Xavier Durrieu parvint, par le cachet de supériorité qu'on remarquait dans les travaux émanés de sa plume, à être bien connu dans le monde lettré et dans le monde politique. Devenu l'un des journalistes en vogue, placé à la tête d'un journal, les Français et les étrangers reconnurent qu'il fallait compter avec lui. Le publiciste ariégeois arrivait, par la force des choses, à une de ces situations qui font tour à tour qu'on

Haute-Garonne, Pyrénées-Orientales), race célèbre depuis des siècles sous le nom de Bohèmes, Gypsies, Zingaris, Gitanos, et dont il demandait l'amélioration. Ces articles eurent du retentissement. 1. Les Sociiu etc., p. 13.

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