‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 365 sur 498 · PERIODE DE PUISSANCE · texte numérisé non relu

PERIODE DE PUISSANCE

et qu'un seul mot de Durrieu dans les ministères remettait à flot ! Aussi, sa résidence, ses bureaux, son journal, étaient devenus comme un centre, une cour et une sorte de ministère d'État, très assiégé de visiteurs, où se coudoyaient un nombre toujours considérable de personnes venant exprimer les doléances les plus diverses. Xavier Durrieu pouvait donc beaucoup. Les grandes misères publiques , les grandes souscriptions, certaines réclamations internationales , prenaient pour leur organe la feuille où il écrivait !. Tandis que la comtesse Poninska2 demandait à mettre à profit la notoriété du Courrier français et le crédit de Xavier Durrieu en faveur d'une œuvre dont on attendait de grands résultats, un membre des assemblées législatives 3 réclamait les colonnes de son journal, pour répondre à une boutade peu réfléchie du citoyen Proudhon.

XVI. — J'ai connu Xavier Durrieu longtemps avant son élévation, à ces heures intermédiaires^ ces heures douteuses qui précèdent la conquête difficile d'une situation. Il n'était pas né, plus que moi, au milieu des millions, et dut pendant plusieurs années tirer, selon la formule vulgaire, le diable par la queue. Arnaud de l'Ariège et moi, qui prenions pension dans un petit restaurant, rue du Four-Saint-Germain, nous invitions de temps en temps X. Durrieu à être de notre dîner de célibataires, alors qu'il n'était encore qu'un forçat du journalisme. Il se montrait actif autant que jeune et ambitieux. Je le vois encore costumé de la redingote de nos grands-pères, le visage pâle, clignant des yeux,

1. X. Durrieu admettait quelquefois des souscriptions pour des infortunes individuelles, produites par le dévouement à de grandes causes;

Page 1