Fr. Bouvet, par exemple
S76 L'ARIEGE, IVe PARTIE {suite et fin), CHAP. IX.
je ne dirai point avec le nez d'aigle secondaire de l'humoriste anglais Charles Lamb, il frappait plutôt par la petitesse de son nez. Mais quels yeux pétillants, petits et bons î Je le vois dans son cabinet de travail garni de paperasses, avec sa volonté fièrement énergique.
Il y avait à la fois de la douceur, de la mélancolie et de la gaieté sur cette physionomie extraordinairement fine ; ce qui nous le fait rapprocher du facétieux anglais. Durrieu peu opulent en narines, ne peut nous rappeler l'excessive finesse des narines si bien sculptées de l'original Charles Lamb. Toutefois dans les premières époques, la constitution physique de X. Durrieu comportait un état de rhume perpétuel de cerveau, que protégeait mal son nez si diminué. Dans le journaliste français de Castillon il n'y avait, comme dans le personnage d'outre-Manche, ni. santé, ni apparence de force physique ; et, sans qu'il fût petit ni mince, à peine offrait-il cette réalité anatomique, cette ossature de squelette, comme on a dit d'Oflenbach, flottant dans des habits trop larges. Néanmoins, un feu animait cette âme perdue dans ce corps ; il ne manquait que cet apparat, cette structure qui impose au dehors et contribue à la dignité extérieure.
Mais il faut dire par quelles transes et angoisses il avait passé avant sa situation heureuse. Un dictionnaire des contemporains nous semble construire la genèse de Xavier Durrieu d'une manière un peu fantaisiste : « Venu à Paris en 1836, dit ce recueil, X. Durrieu commença sa carrière littéraire dans le Siècle et passa, en 1841, au Temps dont il eut toute l'année la rédaction en chef. A la même époque, il insérait quelques travaux de philosophie et de politique étrangère dans les diverses revues de Paris, dans la Revue des Deux-Mondes. Assidu aux soirées du duc Decazes et lié avec les chefs de la coalition de J 837, il se sépara peu à