Dictionnaire de Vapereau, année
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578 L'ARIÈGE, IVe PARTIE (suite et fin), CHAP. IX.
religieux de son éducation, se demandant par quel moyen il quitterait la vie. Toutefois, il voulut tenter un dernier effort et écrivit à Buloz, directeur de la Revue des Deux-Mondes, les deux mots qui suivent : « Monsieur, vous ne me connaissez pas ; je puis écrire, mais je suis à bout de ressources, parce que je ne trouve pas l'emploi de mes facultés. Je suis décidé à en finir avec l'existence, si vous ne nie tendez pas la main pour sortir de mon affreuse impasse. »
La réponse de Buloz (cet homme qu'on disait dur eut du cœur) fut immédiate et affirmative. « Venez, venez me trouver, écrivait-il à Durrieu, j'ai été dans la même position que vous. » X. Durrieu s'étant rendu chez Je directeur, celui-ci lui dit : « Jeune homme, vous devez vivre en travaillant. Voici des notes sur Socin, sur Talleyrand et sur le Maroc ; prenez-les et faites-moi un article pour la Revue. » Ces notes, fécondées par les recherches et par les réflexions de l'écrivain castillonnais, fournirent une étude très remarquable, qui émerveilla les lecteurs de la Revue des Deux- Mondes. De ce jour une place était acquise à Xavier parmi les écrivains officiels de la revue célèbre.
Pour ne pas quitter la période des anxiétés premières, nous devons ajouter que les débuts de Xavier Durrieu furent mêlés de contrastes et de romans. Les choses en vinrent à une telle extrémité, qu'il sembla un moment que notre jeune Ariégeois allait rendre le dernier soupir dans l'isolement et le dénuement le plus complet1. Il faut le suivre, tandis qu'il était encore inconnu, et qu'il habitait
1. Xavier Durrieu recevait bien de sa famille un subside (100 francs par mois, si nous ne nous trompons), mais ce qui semble suffisant eu sui. ne Test pas réellement lorsqu'un certain ordre manque dans le détail delà vie. \<>us avons raconté ailleurs que lui faisant visite à son logement. rue d'Enfer, vers 1811, par une froide matinée d'hiver, nous le trouvâmes sans l'eu, au lit, à onze heures du matin et sans chemise.
M. JulesSimon nous ;» r; nté son intervention auprès de M. Cousin,