‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 37 sur 498 · AVANT-PROPOS. LV · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. LV

« Paris, du 17 mai, l'an 2e.

« Citoyens,

« Je devais me rendre moi-même à l'Académie pour lui porter le décret qui l'autorise à nommer aux places vacantes dans son sein. Cet acte de déférence pour la première des Sociétés savantes de l'Europe aurait honoré ma jeunesse. Des devoirs fâcheux me forcent de renoncer à la plus douce des jouissances de mon âme; j'espère que les deux rapports que j'ai encore à faire pour l'Académie n'éprouveront pas, dans le sein de la Convention, autant de difficultés qu'en a essuyé celui que j'ai fait adopter ce matin ; mais quelque peine qu'il faille me donner pour assurer aux hommes qui composent cette Société célèbre la jouissance de ses droits, je braverai tout avec courage. Rien ne me paraîtra pénible à exécuter sous les ordres et sous les yeux de l'Académie.

« Je suis, avec le plus profond respect, votre concitoyen,

« Lakanal. )>

Huit jours après, Lakanal obtient un nouveau décret en vertu duquel les traitements des membres de l'Académie seront payés comme par le passé, en conformité de Vétat envoyé par le ministre, sur la simple justification des quittances d'imposition et d après les preuves d'une résidence non interrompue de six mois dans le territoire de la République.

Lakanal n'avait obtenu ce résultat qu'au prix des plus grands efforts. « La tâche que je m'étais proposée pour la cause de l'Académie des sciences était très difficile, dira-t-il plus tard. Le comité des finances, d'ailleurs composé de bons citoyens, était intraitable quand je lui demandais des fonds pour les savants, les académiciens. Que de rebuffades j'essuyais ! On avait popularisé l'opinion qu'ils étaient tous opposés au nouvel état de choses, et malheureusement il y avait du vrai dans cette supposition. Il fallait faire route entre tous ces écueils. »

Les formalités administratives rendirent presque illusoire le décret du 2o mai ; Lavoisier s'était empressé de dresser les états exigés, de faire établir les certificats de résidence.

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