MORT DE X. DURRIEU
religieuse s'allie accidentellement à la probité, à l'honneur, au patriotisme , aux vertus privées et publiques , ajoute : « Il n'est pas moins évident qu'une pareille situation (celle de la masse indifférente) est pleine de périls qu'il faut conjurer ; il n'est pas moins évident que la notion du juste et de l'honnête, quelque intelligible qu'elle soit, à l'heure présente, manquant de sanction et de preuves irréfragables, peut s'altérer à la longue dans tous les rangs, dans toutes les classes ; il est évident, en un mot, qu'il faut réinstaller dans la foi publique cette sanction et ces preuves, dût-on restaurer les anciennes, dans le cas où les philosophies modernes ne pourraient en établir de nouvelles. Il n'y a pas en Europe un seul penseur quelque peu illustre qui n'ait énergiquement signalé déjà les terribles symptômes du malaise qu'enfante le scepticisme, et par lequel a péri le monde romain tout entier *. »
XXIV. — En somme, comme penseur, Xavier Durrieu dissémina dans les revues et dans les journaux les élucubrations d'un esprit simple, prompt et brillant, éminemment français, mais trop facile peut-être. Il avait composé pendant son exil un ouvrage philosophique encore inédit. Nous ne savons ni ce qu'était cet ouvrage, ni ce qu'est devenu ce manuscrit. Mais en définitive, Xavier Durrieu fut un être doux et tranquille dans une âme inquiète, dans un esprit agité. Il était foncièrement bon, dévoué à l'amitié; il accueillitPierre Soulé à Madrid, au point que le gouvernement espagnol, pressé par celui de Paris, menaçait de l'expulser2. Toutefois, il est important d'ajouter ici même que Xavier Durrieu, âme ardente liée à une organisation