‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 385 sur 498 · Revue des Deux-Mondes du 15 juin · texte numérisé non relu

Revue des Deux-Mondes du 15 juin

2. « 1 trust Louis Bonaparte will not stop me from going through France, as he did that foui M. Soulé. » (Lettre de Joseph Thomas à Durrieu).

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malingre et souffreteuse, ne brillait pas précisément par une grande dignité extérieure ; son physique ne s'y prétait pas beaucoup.

Nous n'ajouterons rien pour vanter l'industriel ingénieux, l'homme d'affaires courageux. Quant à l'homme politique, il avait pris à l'Assemblée constituante un rôle d'opposition, de tirailleur pour pousser le gouvernement en avant, avec cette fièvre que donne la jeunesse, avec cette impatience, partage ordinaire de ceux qui n'ont pas encore vécu. Sa nature débordait d'énergie. Il était capable de tous les sacrifices pour sauvegarder les institutions et les libertés du pays. Il n'avait pas le physique ni les forces nécessaires pour être un grand orateur politique, un orateur à grand souffle, à grands discours1, mais il pouvait jeter une idée dans un club, ouvrir des avis à l'assemblée, rafraîchir les souvenirs des ministres par des citations que lui dictait sa mémoire implacable. C'était une de ces intelligences qui subsistent par elles-mêmes et qui font vivre beaucoup d'autres esprits par leurs idées, parleurs écrits 2.

Répétons enfin que, sous le rapport intellectuel, moral et physique, la comparaison et l'identité sont bien justifiées entre Durrieu et Charles Lamb : chez l'un comme chez l'autre, une sorte d'être profond et flottant comme la mer, de penseur élégant et négligé, un tempérament faible et

1. Les recueils satiriques du temps prenaient Durrieu à partie, pour ses fréquents rhumes de cerveau. «Un orateur qui parle du nez ne peut servir d'organe aux opinions avancées. Votre éloquence a besoin d'être éternuée... Orateur enchiffrené, l'éternuement chasse l'éloquence. » (Auguste Lireux, dans Y Assemblée nationale comique (1848-1849, p. 46.)

2. Les livres, les articles de revue, de Xavier Durrieu. servirent de thème à beaucoup d'écrivains; ils y puisèrent et exploitèrent des mines, des indications précieuses, pour exposer et développer des aperçus utiles. Un journaliste parisien écrivait à Durrieu, le 16 novembre 1859: « C'est moi qui, sous le pseudonyme de B. Henry, ai publié dans le Siècle les articles d'après votre Maroc; car ils ne sont guère qu'un aperçu de votre excellent ouvrage. »

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