LX AVANT- PROPOS
car presque au début de son article, il a laissé échapper ces lignes :
« L'homme se recommande surtout par des qualités négatives : il ne fut pas cruel et sut résister, vertu rare en son temps, à la tentation de remplir ses poches aux dépens du peuple souverain. Ses missions ne furent pas signalées par des exécutions sanglantes. Il ne fut féroce qu'une seule fois, dans le procès du roi, et, ce me semble, plutôt par fanatisme ridicule et par envie de paraître que par méchanceté. » (Supplément du Figaro du 18 septembre 1886, article de M. Auguste Marcade sous le titre de Revue des /ivres.)
Enfin, nous terminerons cet avant-propos par deux autres personnages. Nous ne nous croyons pas en retard envers un Ariégeois très instruit, M. Pierre Lazerges, dont s'occupait naguère un grand journal de Paris (le Temps du 14 septembre I 886). Nous avons raconté, dans un des précédents volumes sur les hommes scientifiques, les phénomènes météorologiques que M. Lazerges a étudiés à Toulouse et à Aragnouet, dans les Hautes-Pyrénées, à l'altitude de 1,100 mètres. Toutefois, nous sommes heureux de voir se joindre à nos félicitations patriotiques le témoignage désintéressé et très flatteur de l'un des critiques parisiens les plus autorisés dans les questions scientifiques (M. A. Vernier). On sait que M. Lazerges a apporté une attention toute particulière aux indications de l'ozonomètre. On n'a guère étudié
AVANT-PROPOS. lxi
encore l'ozone (qui est de l'oxygène électrisé, à l'état naissant pour ainsi dire, doué d'affinités plus énergiques que dans son état ordinaire) que dans les laboratoires, au moment où il se dégage des combinaisons chimiques.
M. Lazerges s'est posé le problème de savoir comment l'on peut expliquer la présence dans l'air, — c'est-à-dire dans un mélange de gaz azoté, de gaz oxygène et d'acide carbonique sans action chimique directe les uns sur les autres dans les circonstances ordinaires, — d'une certaine quantité d'ozone ou d'oxygène à l'état de haute tension électrique.
Nous n'avons pas à décrire les instruments dont M. Lazerges se sert, la manière ingénieuse dont il dispose son appareil pour ses opérations. Qu'il nous suffise de constater que le système de M. Lazerges permet de rassembler des observations continues, et donne ainsi des informations précieuses. On peut discuter les conclusions générales3 auxquelles il est arrivé, savoir que la direction et la force des vents, ainsi que les variations des pressions atmosphériques tiennent avant tout et essentiellement à l'action des centres ou zones d'évaporation, la chaleur solaire n'agissant pour ainsi dire pas immédiatement, mais
a. M. Lazerges veut tout expliquer par les phénomènes d'évaporatioD et ne rien expliquer par les différences de température ; mais on lui a représenté qu'il n'y a pas d'évaporation saûs consommation de chaleur.
On s'est demandé ensuite si M. Lazerges se rendait bien compte, dans les mouvements atmosphériques, des lois de la composition des forces, et aussi des effets que la rotation de la terre produit sur une molécule aérienne qui change de place verticalement.