M. PESCAIRE ET L'AVENIR
lectuel qui brillent en lui, et que M. Zola trouve si rare1. Les traits qu'il lance contre un membre influent du conseil général de f Ariège9, ses prophéties sur le scrutin de liste et ses flèches contre le parti opportuniste3, dont il reconnaît ironiquement la ventosa et eîiormis loquacitas ; ses pressantes instances , à la chute d'un ministère , pour réclamer l'immédiat et complet anéantissement de ce qu'il nomme les influences administratives 4 en Ariège, ainsi que l'éloignement des préfets qui soutiennent le pouvoir tombé ; ses chants d'espérance lorsque les combinaisons ministérielles semblent devoir assurer la neutralité des fonctionnaires, seule demande que formulent ses exigences radicales'0, tout cela atteste, avec la franchise, la patiente et véhémente énergie de ses opinions politiques.
Telles sont les données présentes sur M. Pescaire ; ce présent est gros d'avenir. De l'école saint-simonienne dans l'ordre des idées religieuses, il le semble du moins, radical en politique, notre journaliste d'aujourd'hui se transformera peut-être un jour en philosophe modéré, en sociologue pratique. En tout cas, notre publiciste est un homme de valeur, bien plus, un caractère.
Un dernier écrit de M. Pescaire, paru dans les premiers mois de 1886, dans les journaux de province, vient nous confirmer dans le jugement qu'il fallait porter, croyons-nous, sur les destinées de cet esprit, qui rappelle quelques traits de la physionomie de John Lemoinne et de Scherer, dans la fonction de critique. Le temps a guéri ces derniers de cer-
1. Voir ses réflexions à propos de la mort de Louis Desprez, un des écrivains de l'école naturaliste.
2. Avenir de V Ariège du 19 avril 1885, article Expliquons-nous.