Voir sa Politique internationale
2. Ouvrage de Max Nordau, traduit de l'allemand par Auguste Dietrich ; in-8° de 400 pages; Paris, chez Hinrichsen, 1886.
3. M. A. Pescaire, dans l'un de ses articles sur l'Histoire des Ariégeois, fait remarquer l'influence de ma double personnalité de prêtre et de gentilhomme sur quelques-unes de mes appréciations; je tiens à ajouter, pour être tout à fait dans le vrai, que s'il y a un peu d'aristocratie dans mon origine, du côté maternel, j'appartiens au peuple par mon père, qui m'a laissé son prénom Henri, prénom ayant fini, avec le temps, par s'identifier ou se fondre dans mon nom patronymique, bien qu'il ne soit pas dans mon acte de naissance.
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même taxer d'erreur; mais il s'agit ici de l'essor probable de cette individualité ariégeoiseet des stations nouvelles de sa maturité, calculées d'après ses brillantes prémisses. Montez, montez encore dans la sphère de la pensée, ingénieux travailleur; redescendez des hauteurs de l'absolu où ne règne que l'inflexible, laissez-vous reprendre par le contact de la vie et par les lois de l'histoire ! Livrez-nous vos méditations sur l'économie politique, sur les rapports de l'économie politique et de la morale, sur la méthode dans la science sociale, sur les lois historiques du développement social. Votre érudition ne nous refusera pas le tableau raisonné de la succession et de la filiation des systèmes économiques. Alors se fera cet heureux mariage de l'absolu et du relatif, de l'éternel et du contingent ! Des flots de sympathie couleront de votre âme tout ouverte à la charité, à l'effusion affectueuse et fraternelle ! Fierté et pitié se donneront le baiser, et vous pourrez beaucoup de choses pour vos concitoyens ! « A quoi reconnaîtra-t-on que la fin du monde est venue ? demande le prophète dans le Coran. — Ce sera le jour où une âme ne pourra plus rien pour une autre âme. » — Donc elle n'est pas encore venue, cette fin.
En nous séparant de M. Aristide Pescaire, il nous sera permis de constater l'âme indépendante et fîère de l'enfant de Tarascon. Mais hélas ! toute âme hère doit s'attendre à être souvent froissée dans ce bas monde par les anomalies choquantes, par les iniquités et les intrigues qui régnent partout, quelle que soit la forme politique de la société. On nous assure qu'à l'avenir le monde sera plus juste. Mais que disent nos théoriciens pour dédommager les générations passées qui ont été sacrifiées et qui n'ont que faire de cet avenir? Et nous autres aussi, qui souffrons, qui avons souffert, qui ne verrons pas, la plupart, la terre
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promise, quelle est donc cette ironie atroce qui réduirait notre héritage à entendre sur la terre trois mots, trois promesses discutables : démocratie, progrès, séparation de L'Église et de l'État?
VIII. — Mais passons à un groupe de cinq disparus dans ces derniers temps, Firmin Bonnans, Jules Bayle, Hippolyte Joffrès, Victor Pilhes et Cyrille Laffite.
Nous avions échangé quelques mots par lettres avec Firmin Bonnans, depuis qu'il avait vu son nom dans le tome des Poètes de l'Ariège. La cruelle mort s'est jetée entre nous, et il ne pourra lire ce que Y Histoire des Ariégeois voulait dire de ses qualités de publiciste. Sa vie aura passé dans le travail, dans la poésie, dans de fidèles convictions démocratiques, en Russie, en France, dans le Midi, aux alentours de Paris, au delà de Vincennes. Il aura à peine abordé le journalisme. Nous lui trouvions la note mélancolique et désenchantée. « Si peu qu'on parle de ce qui est beau, disait-il, c'est déjà quelque chose. Il y a tant de vilenies à toute heure autour de nous ! 11 y a tant de bassesses que nous voyons atout instant honteusement ramper1 ! » F. Bonnans écrivait ces lignes au moment même où il arborait dans un journal le drapeau delà fantaisie, abandonnant à d'autres les questions politiques, mais se réservant la tâche de chroniqueur. Est-ce que Bonnans voyait revenir le temps du cardinal de la Roche- Âymon, qui expliquait son avancement rapide, en disant qu'il n'avait pas rampé pour obtenir ces faveurs et à qui il fut répondu : « Non, monseigneur, vous avez été ventre à terre. »
Un autre disparu d'hier est Jules Bayle, de Pamiers,