Causerie du Dimanche, dans V Avenir de l'Ariège
644 1,'ARIKGK, IVe PARTIE {suite et fin), CHAI'. X.
mort en 1884. On a dit qu'il eût pu être pour son pa\- « un de ces hommes qui, par la plume, la parole ou la lutte active, font faire à la société un pas vers le vrai, le le juste, le bien1 ». A peine collégien, il étonnait, on distinguait sa facilité de parole, surprenante chez un adolescent de seize ans, et sa fermeté d'âme que rien ne déconcertait. Il se rendit tout d'un coup célèbre à la tribune du club tenu chaque soir dans la vieille église du collège de Pamiers (1848-4849).
Amateur de la science, érudit, philosophe profond, — il était devenu tout cela avec les années et les études, — il fut attaché une partie de sa vie, jusqu'en ces derniers temps, à la correction du Journal officiel.
Ayant essayé pendant deux ou trois années du grand séminaire de Pamiers, il ne s'était pas trouvé la vocation ecclésiastique. « Il avait conservé, dit un pittoresque écrivain méridional, de son passage au séminaire, quelque chose de rêveur, et de la soutane comme une empreinte de la tunique de Nessus. » Enlevé à l'âge de 52 ans environ, il n'en reste pas moins, ajoute-t-on,par son grand sentiment de l'humanité, comme par ses écrits, qui doivent voirie jour, un intéressant caractère2. A cetesprit si réfléchi, à cet écrivain directement mêlé aux journaux, considéré pour sa science et plein de sincérité, il eût été piquant de soumettre l'assertion de Flaubert disant que la presse était une école d'abrutissement, parce qu'elle dispensait de penser.
Hippolyte J offres, mort en J 862, était, dès 1850, un publiciste jouissant à Foix d'une précoce popularité 3. Il