‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 414 sur 498 · ïbid. 30 novembre · texte numérisé non relu

ïbid. 30 novembre

JULES PEUVERGNE. 600

l'Ariège, Armand Marrast. Aucune coalition ne lui échappe, aucune question ne le trouve indifférent : la guerre de la Chine et du Tonkin, le congrès de Versailles, les idées de conquête, la susceptibilité la plus jalouse autour du suffrage universel, la loyauté, la probité et l'honneur politiques, les rapports du clergé et de l'État, la question du budget des cultes, remplissent successivement les colonnes de son journal. M. Peuvergne est un lutteur qui semble toujours prêt à la polémique, et son style est franc, énergique, d'une lucidité précise et forte. Il en appelle « à la pacifique mitraille des bulletins de vote ». Il s'écrie : « If faudrait être triplement cuirassé de cynisme ou bien follement téméraire pour oser affronter le mépris, l'indignation et peut-être la colère du peuple » ; et quand il parle du budget des cultes, il ne montre aucune envie de sauver la subvention que l'Etat accorde, dit- il, au « parti de la contre-révolution ». Il comprend le Concordat parmi « les destructions nécessaires », et cette destruction est pour lui « une idée républicaine ! » .

La profession de foi de M. Jules Peuvergne, au G janvier 1884, révélait l'homme. Il avait voulu prendre place dans la presse radicale. Son Pamiers républicain avait été son journal d'avant-garde et de lutte énergique. Il ne voulait point ménager ses critiques aux actes politiques ou administratifs qui ne lui sembleraient pas républicains et démocratiques.

Du reste, quoique plus jeune et moins expérimenté, il n'hésitait pas à s'asseoir à côté du vieux et solide vétéran des luttes politiques, M. Amiel. C'est dire que MM. Laisant et Clemenceau sont peut-être pour lui des dieux, s'il ne va point jusqu'à identifier les mots république, anticlérica-

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