‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 415 sur 498 · La Démocratie du 14 septembre · texte numérisé non relu

La Démocratie du 14 septembre

6b6 L'ARIÈGE, IVe PARTIE {suite ri fin), CHAP. X.

iisme, avec guerre au christianisme. Bien que les libres penseurs ne reconnaissent que la raison comme principe dirigeant, il est probable que M. J. Peuvergne ne prétend pas en avoir le monopole, d'autant plus qu'un journaliste parisien, — ce qu'il y a de plus attaché aux doctrines libérales et à la raison pure, — confesse que, même chez les positivistes, chez les libres penseurs absolus, l'imagination joue un grand rôle en prenant la place de la raison '. Devient-on infaillible en devenant démocrate?

Nous devons apprécier la manière dont M. Jules Peuvergne s'acquitte de ses fonctions de journaliste. Il donne des coups et il en reçoit, en frappant à droite et à gauche. Il ne flotte pas au hasard ; il sait, quand il y a lieu, n'être pas gouvernemental ; mais il soutiendrait au besoin toute administration contre laquelle s'élèveraient d'absurdes ou d'injustes inimitiés. Nous pensons que M. Peuvergne ne voudrait pas s'aigrir, mais le peut-on dans le domaine de la politique? Le temps modifîera-t-il la rude crudité de quelques-unes de ses opinions, lui donnera-t-il le sentiment de certaines nuances, raillées par M. Laisant, vantées par M.Renan? C'est l'affaire de l'avenir. Mais il est sûr que

1. « H n'esl pas dan> la nature de l'esprit humain, même quand il s'applique à l'étude des laits ou aux spéculations mathématiques les plus sévères, de rester enfermé dans les limites de l'utile et du nécessaire. Il y a

beaucoup d'imagination dans les mathématiques Les études de la

nature vivante sont plus forcément liées à des observations et à des faits ; mais là encore, l'imagination joue son rôle ; car elle s'acharne à relier tous les faits connus à des synthèses hasardeuses; elle reconstruit <lc> mondes oubliés avec des matériaux insuffisants; elle prétend arrachera la création ses secrets les plus intimes. Quand on lit des ouvrages dits de vulgarisation où l'on expose les doctrines les plus récentes, les découvertes île la paléontologie, de la géologie, celles même de l'astronomie, on est ^;uis cesse frappé de voir combien le goût du merveilleux a d'empire sur les esprits, et avec quelle facilité ceux qui ont sans cesse à la bouche le mot de science positive, se laissent aller à des conclusions et à des théories générales qui sont tout ce qu'il y a au monde de moins positif. » (A. Vernier, le Temps du 6 janvier 1885.)

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