Né à Vèbre (Ariège
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tion hardie, courageuse, dans l'Ariège; il a fait marcher vaillamment un nouveau journal, le Réveil de l'Ariège, qui trouvait devant lui bien des difficultés, et qui s'intitulait l'organe des conservateurs. Les difficultés sont visiblement nombreuses pour un publiciste qui ne veut point -incliner devant les formules politiques en faveur, et qui proteste contre la fameuse maxime de Gambetta, d'une forme ambiguë, sa déclaration de guerre au cléricalisme. Le véritable ennemi d'une nation changeant selon les lunettes du spectateur, pour les uns c'est le jaune, pour les autres c'est le vert. Et lorsque quelqu'un affirme que le pays veut ceci ou cela, on prétend qu'il n'est pas toujours clair que le pays le veuille, et que plus d'une fois, sans attendre qu'il le demande, on lui fait vouloir ceci ou cela.
Avec la liberté des opinions, nous avons inévitablement la diversité des programmes politiques, en sorte que les revendications du parti républicain se heurteront aux revendications en sens contraire du parti monarchique. D'autre part, puisque ce sont les révolutions qui créent, dans l'antique unité nationale, la pluralité des partis politiques, il est au moins difficile de se représenter comment, une fois l'ère des révolutions ouverte, on remplacera la pluralité contradictoire des sentiments par l'uniformité et l'unité des convictions '.
1. Il en est même qui contestent l'existence i\i'> convictions. « Le plus curieux, c'est que bien peu de gens en France font de la politique par conviction. Pour les uns, c'est une tradition, pour les autres, un intérêt. Une moitié de la société française a trouvé en naissant son opinion tenir faite. On a été élevé d'une façon particulière: on vit dans un certain milieu; il est, naturel qu'on ait ses opinions formées par l'éducation el continuées par les personnes qui vous entourent. >» Albert Delpit, dans un article sur ['invasion de tout le monde dans lapolitique.) La théorie de M. A. Delpit, vraie en partie, est exagérée dans sa généralisation. Qu'est-ce qui empêche de poursuivre loyalement une idée, du moment qu'on la croit salutaire? Il peut arriver que dans l'intérêt collectif on trouve son intérêt personnel; mais en quoi cela empêche-t-il la conviction?
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Question de doctrine mise à part, on ne peut disconvenir que les journaux appelés conservateurs n'aient vivement mené la campagne engagée depuis 1882 dans TAriège, en s'appelant d'abord le Réveil de V Arièqe, et en 1885, le Conservateur de fAriège, le premier sous la direction de M. Cambus, le second sous celle de M. Paul Duché '.
IV. — M. R. Cambus faisait preuve de plus d'une des qualités qui font le tempérament du journaliste proprement dit, et offrent le cachet d'une réelle vocation. Quelle facilité pour rédiger, du jour au lendemain, des articles improvisés sur la première question venue ! quelle plume alerte î II faut qu'un journaliste de profession soit toujours prêt à la réponse, qu'il soit armé de science politique, de connaissances historiques '2. Il lui faut, avec la solidité du jugement 3, avec l'érudition qui fournit les matériaux, la dialectique qui en use méthodiquement, il lui faut ce style incisif et cette phrase chaude, véhémente, qui captivent et tiennent chaque jour le lecteur en haleine. Il faut surtout cette expérience des hommes et des choses qui, avec le sentiment de la mesure, donne de l'autorité. Le rédac-
1. M. Paul Duché a fondé, à Paris, le Tirailleur, journal qui prospéra -eus sa direction. Il quitta cette feuille pour rédiger, à Foix, le Conservateur.
2. On ne peut qu'approuver le reproche de gens trop hâtifs adressé à r ensemble des Français de nos jours, où chacun de nous dispute ou légifère, alors que l'éducation politique n'est pas faite. « Chez nous, dit un critique, on ahorde les plus graves questions sans les connaître; on les discute avec ses nerfs plutôt qu'avec son raisonnement. On les discute surtout avec son parti pris. Le jeune homme se trouve électeur avant d'avoir réfléchi à ce que c'est qu'une élection. Il nomme un mandataire avant d'avoir pesé la lourde responsabilité d'un mandat. »
S. Qu'est-ce que ces monarchistes qui refusaient sous l'Empire d'aller à la messe anniversaire de la naissance du comte deChambord, en disant : « Bah! Dieu n'est plus royaliste »? Qu'est-ce que ces républicains qui se figurent que Dieu n'est pas républicain?
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teur en chef du Réveil de VAriège, participait à quelquesuns de ces dons, comme publiciste ariégeois contemporain.
Le public remarqua les articles de fond que renfermaient la plupart des numéros du Réveil. Voici le sujet de quelques-uns : La loi militaire et la réclame électorale ; — Vingt siècles en arrière et aujourd'hui : affaire Saint-Elme en Corse : — Le badget de la République; — Le bout du fossé, question financière; — Le jury électoral; — T^a France au mont-de-piété : — Affaires bonapartistes ; — Le conflit du Sénat et de la Chambre ; — L'objet et les tendances de la franc-maçonnerie ; si elle s'occupe uniquement de philanthropie ; — Sauvons la France: — Comment on vote les budgets sous la République; — Révisons la République, etc., etc. — Autant que le comportent les bornes des articles de journal, M. Cambus donnait des éludes assez approfondies sur les problèmes qui occupent les publicistes de race, sur le principe de la révolution et sur la révolution prise en elle-même, sur les principes fondamentaux des sociétés, sur la grande question scolaire, sur la centralisation, sur le socialisme d'État, sur des points spéciaux de nos administrations. Quelque chose, dans sa manière, rappelait, à un certain degré et toutes proportions gardées, les grands journalistes de Paris, les Laurentie, de Genoude et les auteurs qui ont traité des lois de la société chrétienne, de l'économie politique, des institutions politiques, des évolutions de l'ancienne société française, du droit moderne, etc., tels que Blanc-Saint-Bonnet, Charles Périn, de l'université de Louvain, Taine, etc. Il avait de ces hautes maximes : « L'utilité sociale ne prescrit pas contre le droit d'un seul; » — avec madame de Staël : « On dit : Le le salut du peuple est la suprême loi. Non, la suprême loi, c'esl la justice ». — avec l'abbé Crozat : « L'intégrité du droit