‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 453 sur 498 · PREMIERES EPREUVES · texte numérisé non relu

PREMIERES EPREUVES

Employé des ponts et chaussées, on le trouve, en 1851 , dans la Nièvre, collaborant à un journal républicain de Nevers. Notre compatriote allait être arrêté lorsque, prévenu à temps par un employé de la préfecture, il put se réfugier à Paris. Le 4 décembre le vit sur une barricade, les armes à la main.

« Chargé par MM. Michel de Bourges etRuiz de soulever le département de la Nièvre et de se mettre à la tête du mouvement qui avait éclaté à Nevers et à Clamecy, il ne put arriver à temps et fut incarcéré dans la prison de Nevers. Le 12 mars 1852, il fut jeté et verrouillé, en compagnie de trois cents camarades, dans les casemates du fort d'Ivry. De là on les mena au Havre où on les plongea dans la cale du Berthollet, qui les transborda, à Brest, dans la batterie basse du Daguesclin d'horrible mémoire. Enfin, après un séjour de quatorze mois dans les camps de Birkadeur et de Douera, il parvint à s'échapper et gagna Jersey, d'où il fut expulsé en compagnie de Yictor Hugo, avec vingt-sept autres compagnons d'exil. Jusqu'en 1870, sa vie s'écoula loin de la patrie, en Angleterre et en Espagne, où il occupa des positions importantes comme ingénieur. Entre autres travaux, M. Amiel a dirigé et mené à bonne fin la construction du chemin de fer de Puerto-Réal à Cadix.

« 11 accourut à Paris, en 1870, au moment de l'invasion, pour défendre le sol de la pairie, et fut nommé membre du comité d'armement du premier arrondissement.

« Profondément attristé par la lutte fratricide de la Commune, il adressa un chaleureux appel à la conciliation dans une brochure intitulée la Bourgeoisie contemporaine, et cette Bourgeoisie contemporaine, dit son biographe , l'envoya

réfléchir trois mois en prison sur les dangers qu'il y a à vt. 46

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faire appel à la fraternité républicaine... 500 francs d'amende complétèrent l'avertissement '. »

Des jours meilleurs vinrent pour J.-B. Amiel. Il fui port»1,

comme proscrit de décembre, sur les lisl<- du département de la Nièvre, dans les indemnités de la première catégorie (soit 1,200 francs).

Mais ce vaillant défenseur de la foi républicaine ne restait pas les bras croisés. Il rêvait de doter le pays qui fut son berceau d'une lierne ferrée d'intérêt local, entre Tarascon et Saurat. Il y a dans ces vallées des richesses minérales de toute sortes, inexploitées faute de voies de communications faciles.

Il entra en campagne et, seul, au milieu d'obstacles et de difficultés renaissantes, il finit, grâce à sa science et à sa ténacité, par obtenir que ce petit tronçon de chemin ariégeois dans les gorges tarasconnaises fût déclaré d'utilité publique par les Chambres 2.

Toutefois, les travaux de l'ingénieur n'imposaient point silence aux aspirations de l'apôtre. M. J.-B. Amiel fut choisi comme rédacteur du journal la République^ quand cette feuille fut créée à Pamiers. On nous dit que cette feuille devint lui, rien que lui. Il signait Amiel de ï Ariècje. Il a rédigé ensuite Y Avenir de ÏAriège, journal intransigeant.

XIY/ — Telle est la physionomie de ce publiciste arié-

1. M. Ernesl Escande-Voltan, dans le Journal de CAriège du 29 octobre 1832.

2. La Chambre des députés, dans la séance du 25 juin 1881, déclara d'utilité publique l'établissement du chemin de fer d'intérêl local à voie étroite partant de Tarascon-sur-Ariège, sur la ligne du Midi, passant par ou près Axignac et Bëdeilhac el aboutissant à Saurai. M. Lebaud^ était rapporteur du projet de loi.

\"a-t-on pas accompli les expropriations nécessaires dans le délai de dix-huil mois, et par suite, la déclaration d'utilité publique a-t-ello été considérée comme non avenue ?

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