i2 I/ARIÈGE, IVe PARTIE (suite et fin), CHAP. XI
l'Église et de l'État he devait nullement entraîner leur séparation, encore moins leur hostilité réciproque, la séparation n'étant pas du tout une condition essentielle de la liberté religieuse ou politique. » Le publiciste d'Àlbiès ajoutait, avec grande raison, que tout au contraire la séparation absolue de l'Église et de l'État pouvait « se concilier avec une effroyable oppression », et que, par conséquent, on n'était pas sur de la liberté en se séparant.
Un débat sur cette grande question des rapports de l'Église et de l'État offre toujours de l'intérêt, quand on voit entrer en lice des hommes instruits, exercés aux controverses comme M. Rauzy et son honorable contradicteur, l'un se faisant l'écho des objections de la pensée moderne contre l'alliance des deux pouvoirs politique et religieux, et plaidant leur séparation, l'autre préchant la conciliation, des deux pouvoirs, et résumant les travaux et les réponses des apologistes catholiques et des laïques qui ont écrit, sur la matière, avec une modération relative, au seul point de vue opportuniste des intérêts d'État, tels que MM. de Ricasoli, de Cavour, Minghetti, Emile Ollivier, Gambetta \ Claudio Jannet, etc.
il est certain que, de nos jours, le débat est toujours dominé dans les deux camps par une double préoccupation, — celle de la sincérité chez tous ceux qui, en réclamant la séparation, se déclarent exempts de toute hostilité à l'Église et à la religion ; pourquoi veulent-ils une rup-
1. Gambetta se préoccupail des dispositions des membres du clergé qu'on frapperail sans merci par la séparation. Usseraienl plus fanatiques, disait-il dans un pro^raiiniKi rlcctoral. En France, en Italie e1 presque partout, en échange du budget des cultes, L'Étal a une pari d'intervention dans la nomination des évêquès, el par eux peut exercer une certaine influence sur le clergé national. La séparation soulève La grave question <\r la propriété ecclésiastique qui mérite d'être traitée à part.