QUESTION DE L'ÉGLISE ET DE L'ÉTAT
ture, au lieu d'une amélioration? — et celle de la perspicacité chez les amis du christianisme, qui se persuadent qu'avec l'avènement de la libre pensée, et dans nos sociétés si exclusivement passionnées pour les intérêts matériels, l'Eglise séparée mais libre dans l'État, libre, ne fera que prospérer et refleurir, sans voir se lever devant elle aucune mesure restrictive , aucun obstacle arbitraire et despotique, aucune disposition violente. Ces derniers peuvent-ils répondre des bonnes dispositions de l'avenir? ont-ils la certitude de n'être pas dupes *? Quel degré de perspicacité y a-t-il dans ce qui fut la thèse 'de M. de Cavour , de Lacordaire (en 1831), de M. de Strada , d'Arnaud de l'Ariège, etc.?
Toutefois on devra reconnaître que M. Rauzy a fait preuve, non seulement de science et de talent, mais encore d'intrépidité, car il se heurtait à un lutteur énergique, à une discussion portant sur des questions graves, présentant des embarras pour ceux qui ne seraient point de force suffisante à l'égard d'aussi hautes controverses. M. Rauzy écrivit plus de quatorze articles dans YAriégeois, en 18762, et en 1877 3, et fut entraîné à traiter de la nature des biens ecclésiastiques, de l'essence de la propriété et de l'usufruit, à propos des spoliations de 1789, 1791. Il dut revenir sur
1. Pour quelques-uns, la séparation de l'Église et de l'État étant le couronnement de ce qu'ils appellent sécularisation, laïcisation de la société, on s'est demandé s'ils ne cherchent pas dans la séparation le moyen d'expulser la croyance religieuse, d'autant plus que des membres de certaines sectes écrivent paisiblement ces mots : Dieu-peste, Religion- morbus . Quel peut bien être le but de ces derniers sectaires lorsqu'ils réclament, eux aussi, l,i séparation? Les catholiques qui. demandent, comme eux, la séparation, voient-ils bien clair? Ont-ils oublié la marche et la logique de ceux qui semblaient ne demander, il y a quelques années, que la suppression du pouvoir temporel du pape, mais qui se sont hâtés de demander ensuite la destruction de la puissance spirituelle du chef de L'Église?