VI AVANT-PROPOS
de l'impatience, et où la minorité seule est capable de feuilleter des écrits sérieux et longs? On se plaignait à Sainte-Beuve que Balzac ne fût pas de l'Académie : « M. de Balzac est trop gros pour nos fauteuils », répondit le premier.
Sept volumes, c'est gros ; mais un ouvrage consacré à chercher les hommes qui sont l'honneur d'une province, d'un département, peut-il être jamais assez gros? La lecture ne doit-elle pas en être prise et reprise par épisodes, par intermittences, le long des années, puis recommencée, après l'avoir épuisée une fois? Qu'on se fatigue à feuilleter des pages de métaphysique abstraite, des volumes d'arides mathématiques, on le conçoit. Qu'on se lasse de donner son attention à de subtiles délicatesses d'analyse, à de vaporeuses études des mystères psychologiques, cela doit arriver. Mais les livres historiques, les récits de faits et d'événements, la peinture de diverses individualités intéressant un département en même temps que la France, et présentés dans un cadre biographique, ne soumettent point, un lecteur à des difficultés, à des sécheresses semblables, puisqu'ils n'exigent aucun de ces efforts attentifs qui constituent les fortes tensions de l'esprit.
Parmi les personnages dont nous rappelons les noms, surtout dans les deux derniers volumes, le sixième et le septième, on remarquera que beaucoup