‹ Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomté de Couserans, etc.) De l'esprit et de la force intellectuelle et morale dans l'Ariège et les Pyrénées centrales. Avec eaux-fortes de ChauvetChapitre 50 sur 498 · TRAVAUX SUR L'ELOQUENCE · texte numérisé non relu

TRAVAUX SUR L'ELOQUENCE

l'éloquence demande, sans rien perdre de l'ordre et de l'exactitude de l'école !. »

Et pour ce qui tient à l'éloquence, bien qu'il eût une véritable renommée d'orateur, cependant, par un motif que l'on comprend, Marc-Antoine de Foix va au-devant d'une objection, en maître habile, et se pose carrément la question « s'il faut être orateur pour aider les autres à le devenir. » La difficulté est spécieuse, et l'écrivain ariégeois montre toutes les souplesses de sa dialectique, et les ressources de son érudition, pour justifier la mission qu'il s'est attribuée d'enseigner l'art de la parole 2. Il commence par écarter la comparaison, qui ne lui paraît pas juste, entre l'art de la parole et l'art de la guerre. L'art militaire et les exercices qui le concernent, ne tombent pas assez sous les yeux de tout le monde, pour que tout le monde puisse s'en former une opinion et le juger. Un capitaine n'est pas aussi obligé qu'un orateur populaire d'accommoder les règles de son art aux règles et aux inclinations communes des peuples. Il n'en va pas de même pour l'éloquence ; il n'est nullement nécessaire d'avoir parlé en public pour discerner les orateurs qui ont le talent de convaincre, qui gagnent, qui touchent et qui persuadent l'auditeur. Un esprit intuitif peut très bien, en écoutant et en lisant des discours qui ont eu de la puissance, découvrir le secret de cette puissance elle-même et aider les autres à acquérir une éloquence qu'il ne saurait avoir lui-même.

Enfin, dans Y Art délever un prince, Antoine de Foix a touché bien des questions délicates, comme celle d'apprendre à un étudiant à discerner et à connaître, dans les idées qui assiègent l'esprit, quelle est leur origine ; quelle

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