Voir Paul de Gasteras, Hist. de la Révolution
3. La bibliothèque de l'Arsenal, à Paris, possède, sous le n° 823 HP, un recueil in-folio manuscrit, composé de documents relatifs à l'université de Toulouse, bi plus ancienne après celle de Paris. Celle de Toulouse su composait de quatre facultés : théologie, droit, médecine el faculté des arts.
Cette faculté des arts avait conservé, depuis des siècles (depuis son établissement,!, deux chaires consacrées à l'explication des divers traités de
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plus tard remarquables par l'étendue et la solidité de leur instruction, et par l'énergie et l'élévation de leurs sentiments. De ce nombre était Laromiguière, l'auteur du Traité sur les facultés de l'âme ; et celui-ci, avec une modestie qui honore le savant, reportait à l'enseignement donné par ses anciens maîtres une grande partie de son mérite et de sa valeur. »
Si l'influence d'un professeur de philosophie est grande, on peut juger de celle du Père Rouaix ainsi que de son mérite. "Notre Ariégeois fut, pour ainsi dire, chargé, dans un grand centre de population, de présider à l'évolution scientifique et droite de la conscience, à fournir à chacun une boussole pour la vie privée et pour les difficultés de la vie publique. Que de Méridionaux le P. Rouaix, pendant les longues années de son professorat philosophique, n'a-t-il pas armés contre les sophismes et les paradoxes que soulèvent les seuls rapports avec d'autres esprits !
Le P. Rouaix était d'ailleurs un de ces casuistes qui
philosophie. Mais ce qui faisait sa véritable importance, c'étaient les deux grands collèges où s'enseignaient les humanités et la grammaire, c'est-àdire le collège de l'Esquille tenu par les Pères de la Doctrine, et le collège des jésuites. Neuf cent soixante élèves suivaient les classes du collège de l'Esquille.
Indépendamment de ses deux collèges, l'Université avait quelques maisons appelées aussi collèges, qui servaient seulement à Y habitation des étudiants pourvus de bourses. Tels les collèges de Narbonne, de Périgord, de Mirepoix, de Foix... dont les hôtes, à ce qu'il parait, menaient une vie assez peu édifiante.
En remontant à l'année 1551, on trouve que les capitouls, ou plutôt le roi supprima les collèges de Bolbonc, de Saint-Girons, etc., pour aviser à une réorganisation du collège de l'Esquille, où l'on enseignerait les humanités et les arts; qu'on y appela, en 1654, les Pères de la doctrine chrétienne, qui devaient fournir huit régents; que ces Pères étaient obligés de nourrir et entretenir six collégiats ou boursiers, qui « étaient nommés par la ville de Saint-Girons au diocèse de Couserans, » et reçus par les capitouls. {Rapport sur Vétat de Funiversité de Toulouse en 1C68 , par l'archevêque de Toulouse, d'Anglure de Bourlemont, et Claude Bazin, seigneur de Bezons, conseiller d'État. Bibliothèque de l'Arsenal.)
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ont à leur arc plus de flèches que n'en ont d'autres professeurs de morale. Il enseignait cette candeur à la fois philosophique et chrétienne de l'âme, qui oblige à faire toujours deux parts dans toute délibération et décision de la conscience humaine, celle de Dieu et celle de l'homme. N'était-il peut-être pas en mesure, plus que tout autre professeur, de communiquer aux étudiants qui entouraient sa chaire un tact sur et délicat, pour reconnaître les œuvres qu'il est bon et loyal de faire, et celles dont il faut détourner les yeux? Il enseignait que, pour obtenir un fonds moral, non à l'état décousu et fragmentaire, mais d'une solidité homogène, il faut que l'homme purifie Yintêrieur de luimême. C'est au centre de l'âme plutôt que dans les choses du dehors, que doit porter l'énergie vertueuse. Ainsi le moraliste de Castelnau-Durban estimait que les vertus sociales, poursuivies par le moraliste ordinaire comme but, ne sont et ne peuvent être que le déploiement de la vertu intérieure, le signe et la manifestation d'une âme que le principe divin a équilibrée.
Lorsque, à l'aurore de la Révolution française, l'Assemblée constituante établit la constitution civile du cleryé, le P. llouaix eut à 'trancher pour son compte personnel ce qu'il regarda comme une question de conscience. Il refusa de prêter le serment civique et émigra en Espagne. Sans apprécier l'émigration sous les aspects divers qu'elle comporte1, sans dire les sévérités et les indulgences qu'elle soulève selon les circonstances, il est émouvant de contempler ces Français de la fin du dix-huitième siècle, qui devant un dictamen de leur conscience qu'ils crurent lésée, donnèrent l'exemple de cette abnégation
1. Voyez de Lally-Tollendal, Défense des émigrés français, Adresse au peuple françaist parue en 1797.