TRADUCTEUR DE VIRGILE ET D'HORACE
combien il aimait le devoir obscur ! Un de ces administrateurs qui ont le don de deviner les hommes, M. Yezia, supérieur du collège-séminaire de Polignan (Haute- Garonne), apprécia de bonne heure le talent et l'heureux caractère du jeune Saint-Gironnais; il l'attira à Polignan, où il a passé sa vie, se montrant jaloux des intérêts de la haute culture scientifique, et voyant grandir près de lui de jeunes générations qu'il aidait de ses affectueux conseils. M. Moulis avait fait une traduction très estimée de Y Enéide de Virgile, de Y Art poétique et des Odes d'Horace, dont on faisait grand cas dans le Midi. Il composa aussi quelques fantaisies littéraires, le plus souvent en vers. Il était heureux dans la pointe et le badinage, et excellait dans l'art de tracer le portrait de ses élèves, qu'il lisait ensuite à ses jeunes humanistes. Enthousiaste des œuvres de génie qui avaient illustré les siècles de Périclès, d'Auguste et de Louis XIV, œuvres qu'il savait par cœur, il eut peu de goût pour les productions littéraires de notre siècle '.
M. Moulis, né dans la bourgeoisie, aimait l'égalité sans adopter le préjugé d'un égalitarisme de surface. Il ne voulait point une égalité extérieure absolue qu'il traitait d'utopie ; et nous ne savons comment il eût apprécié les combinaisons modernes en matière de service militaire, ni s'il y eût vu un préjudice des plus funestes aux hautes études. Il lui eût paru peut-être qu'un « bon ingénieur même en temps de guerre, n'était pas moins utile qu'un simple fantassin. » Le médecin, l'instituteur, rendent-ils de
la sainte messe se trouvant indigne de la célébrer. On le regardait comme
Sot l ?tant: ^ SdIhan aimaiGnt à ,e V°ir Se V— ^ leTr territoire ils disaient que sa prière était leur meilleur paratonnerre,
(Dufor, Polignan et Comminges, p. 194 )